Parois du ventre monde

Un concert naturel

Le vent dans ces couloirs, avec une truelle d’invisible

La trouvaille dénote et des collines descendent les phrases

Du vent, de l’illusoire ? tout ça car ils ne peuvent saisir

La musicalité qui parcourt l’échine des volcans

Les prés sont verts à leurs pieds, les pressions faibles

D’électricité, en comparaison de voila des siècles

Les dépressions furent fortes et déchaînées, voila des cycles

Sur ces chaînes de monts en formation

Dont les positions aujourd’hui ?

D’un affligeant constat pourraient se dire figées

Le vent conspue l’air du sommet d’en face

D’un classique discours que seule la folie sait lire

Et l’hydre alors, des envolées furieuses, des embellies fumeuses

Dans les cendres resteront les traces tueuses mais empruntées

Quand bien même des concerts se produisent ce soir

Sous tempête légère, sous les gestes peu équivoques d’une éclipse

Les crissements des laves ne sont plus qu’échos

Les tassements du magma ont ces cris, psalmodiés

D’une foi perdue, qu’un concert sous tristes contrées chantera

Jouera classique, depuis une chambre qui ne peut plus que maudire

Il n’est pas de môle pour freiner des vagues pareilles

L’antique magma montrera de ses fissures

Pour d’obscurs sifflements, ou la résonnance d’écritures anciennes

A la mesure d’une main l’accompagnant, celle aussi de l’ancien temps

Ces cieux rosis ne sont qu’en trompe l’œil, le volcan aussi s’enfoncera dans la nuit

Et le vent dans le mont d’en face inviterait à d’autres incompréhensibles symphonies

Quoique sans forcir ou froncer du souffle, la mélodie déjà renonce à elle-même

Car il n’est plus possible que, même d’un même sol

La lave puisse émettre mieux qu’un semblant de rémission

Dans un cantique de reddition, puis une frénésie de rébellion

Au milieu de ces cathédrales noires de lettres, de laves disséminées comme autant de pages

La monstrueuse indépendance ne saurait plus être jouée :

On ne se jouera plus d’elle, même par l’instrument irréel

D’un concert de l’inconscient, orchestré par le vent

Et il est clair que ces deux territoires dissoneront

Ce soir ou ceux de toutes les tempêtes suivantes

Par la terre, par la mer, par le vent, il n’est plus une pluie

De cendres, de projections, d’eau, de larmes dépliées

Pour qu’en accords ces volcans parlementent

Même si le Nord est indissociable du Sud

Même si la corne fut d‘abondance, que du centre de la terre ils firent

Bombance de ces bombes ensemencées de pur

Car tout cela, dans des cathédrales de lave est tombé en désuétude

Disette étudiée des terres désertifiées par des feux indus

Imbus de folie, d’excès, rien qu’aux lignes et sillons des flancs il ne se puisse lire

Il n’est ni supplice magistral, ni voile suspicieux ou sépulcrale à poser

La rosée des cendres, sur les lits de lave, déjà a dessiné des sons distincts

Quand bien même le fond ne fut pas différent, l’indifférence règne au présent

Et le vent aura beau souffler à la ronde, de ses airs désolés

Les reliefs célèbreront, se disant, s’élevant :

Au fond, ne sommes-nous pas déjà défaits ?

Des parois du ventre monde, par entrelacs, disharmonies

Laissant là les armes honnies mais des instruments

La connivence et la stridence aussi

Puisqu’au sommet de ces cônes vivants, pointant vers le stellaire

Le vent, là, ne souffle plus que froid, dissonant

Et solitaire

Jean-Marie Loison-Mochon

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