Parfum de parfois

3 juin 2022

 

Aux terminaisons de ma main

Des saisons d’encre

A mi-hauteur je me dessaisis

Des floraisons de pensées ou défloraison de passé

Me disent-ils des fleurs, ces temps choisis ?
A l’anarchie du désir, j’effleure la raison

Distinguant ses îles d’autres senteurs

J’ai peur parfois, avachi alors

Du cœur peu fringuant ou du foutu jour me flinguant

Le schisme est intime, la prison extérieure

Un gant d’argent protège ce monde

Ce camp du monde a trop d’agents

La prison est extérieure et je peux me piéger à ses rondes

Secouant du temps plutôt que de caresser l’onde

L’appris n’est qu’un leurre, le désir, immergé

Ce camp m’est invisible, un fleuron d’insaisissable

Un sang d’argent me protège de ce monde

La prise est une fleur, le rond dans l’eau un trésor

A l’anarchie du désir, je lègue mes privilèges

A partir d’ivresses, j’allège mes jours

Je lèche des îles de plaies, je les goûte comme de la neige

Je m’écoute et me dis s’il te plaît

Epaisses illusions sur lesquelles je voûte l’inutile

Les voûtes du désir ont l’inutile angulaire

Elles paissent de cette pierre intangible

Croquant doute et futile dans des prés éphémères

Quoi qu’en disent les prêtres es routes et droits chemins

Je leur préfère les fragiles danses de la prêtresse

L’agile anarchie du désir, argile panachée de feu,

Les fers du vite, très peu pour moi

J’agis la lenteur dans la main, j’agite ma violence intérieure

Ingérant des ferveurs de vide, à faire que ma voile en gite

Cette fuite est itinérante, quand l’inertie détruite

Une géante ride fend mon ciel

Elle éclaire la suite comme une flamme

Le désir est peu sûr mais essentiel

Parfum de parfois, qui souvent m’est une femme

 

Jean-Marie Loison-Mochon

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires