Amour
Le passé, dans les après
Est un monde qui disparaît
Dis pars-tu pour cela ?
Ce lien j’en suis parti, lassé de son coût
Ses coups, ceux-là seuls qui partent pour partir
Scellés sur mes joues et mon cœur
Adressés par tes mots et tes doutes : heurts en partance
Dis pars-tu pour cela ?
Ce là-bas ne résoudra rien
L’ailleurs n’est pas un lavoir
A peine une poudre, un lama cracheur
La peur de ne pas être, compensée par l’avoir
Qu’on pense à ce temps, cette âme à part !
Dont mes errances et tes colères rances…
Auront fait des abats, des amas sans consistance
Ce temps était une âme à part
Un territoire au port de nous
Sale temps sur lui, méritoire quand même
Sales tensions, luit l’histoire ancienne
Tu faisais l’Ulysse et moi le chien
Au palier l’appréhension
Tu le franchissais joyeuse, je m’affranchissais
Tu le ralliais colère, et j’en remettais le collier
Un hic comme on dit, commun prétendu paradis
A piller, maîtresse, à plier, mes traits
Babille et aime-moi, disais-tu
Disette et ulcère, ou dînette mais sans vulgaire
Mon papier brillait d’émoi, des études de toi
Dessins trop chargés mais l’amour à la page pèse son poids
Mon pas brillait épais, d’encre et d’amour, étuve de toi
Tes beaux seins sur la plage, et l’amour dans lequel glisser
Sur le port, de ce quai j’ai planché à tout refaçonner
Mais l’espoir le mieux léché, face à l’insatisfaction…
N’est qu’un chaton à la belle petite poire
Je pleure au large, à l’appel de la foudre
Je ris à gorge déployée, la recevant
Il fleure que j’y suis immunisé
Je cajole alors mes semences d’électricité
Redevance au vulnérable, état instable et orageux
Or à ce jeu, peu fier je joue, paupières sur nous
Mon encrière de main peut faire d’hier un demain
A ce jeu ma joie est actrice et ma tristesse, amour.
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle