Les bergers
Coureur de crépuscule
Les côtes se gonflent sous l’heure tardive
Couleurs évasives dans la bascule
L’heureux jour ronfle presque
Paresse qu’on ne lui reproche pas
Parce qu’émerge alors le plus beau temps
Pas le couchant, cette poche à clichés
Mais les berges de l’après, quand la poche a percé
Quand les persiennes des regards cherchent leur chemin
Les bergers sont alors les instincts, la noirceur aux talons
Les diluviennes secondes du noir soir, à l’ombre de l’œil
Les bergers sont alors instinct et désir de pénombre
Viennent les hallucinations, ces on-dit des yeux
On dit des cieux qu’ils sont mieux en soleil : en est-on sûr ?
Les allées d’extinction pourtant…
Celles qui ont noyé la tonsure, la sûreté des lueurs
Dans l’heure la côte gonfle, la Lune assure ses marées
Les vergers sont alors salins, ont tout l’or des étoiles
La côte a le talent d’être un pays à côté
Bas-côté duquel le crépuscule se fait coureur
Séducteur accolé à la Nuit
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle