Parallèle à deux tropiques

Dans le soleil des six heures

A contre-jour s’éveille la foulée

S’ouvrent les ciseaux de l’horizon

A contre-jour, un bambin ou une bouée ?

Accroupi dans les eaux ensablées

A jouer… mais non c’est une bouée

Plus loin, à la croupe de sa planche

A jouer sans rien, s’enthousiasmer d’y être

Seule à l’eau la surfeuse a la coupe du matin

Mutine même aux vagues qui, songeuses, dorment encore

Seule à l’eau qui s’y verrait ? Otro verano

Même une timide vague lui dirait

A l’océan les dunes refluent, ruissellent

Semant par la marée qui descend, qui rappelle

A l’os le sable se fait chamailler de dessins

L’eau fuit, le sel rappelé par le sel

Réunion d’anciennes vagues, scellant les océans

L’enfoui est une pelletée de temps trépidants

La fuite est évidente

A Pors Carn l’appel t’est clair et rouge

Un Amalia s’ébruite et s’évente au passé

Autre port car autre baie : en fuite

Et puis deux balançoires dans les dunes édentées

La douceur des herbes, des belles queues-cotons

Le puits du passé dit des soirs sous lune

L’ajout de ce matin les dissout, les fond

Tous ces bruits se confondent, dessous l’effondrement

Dans ce ressac de Pors Carn au bateau rouge

Ce qu’on fonde est périssable, a dit André

Château mis à sac dans le sable

Fondant d’autres cités vulnérables ?

Opacité mise à part, le présent sourit

La cécité du grand jour et de l’oubli

Le grand jeu de la course ici aide à l’oubli

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

Cette fille - IV - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon
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