La route de la mer

Une allée couverte y mène

Où le vert couve et reprend le dessus

L’allée dans le passé avait mille sœurs

Où le vert couvait la brume et les talus

L’allée sur le bitume a le dessus

Là où vers l’Ouest on va

La route avait l’habitude de nos roues

Vers des habits de dunes, je vais

Déshabiller l’horizon des yeux

Des habits dont nous riions en allant vers

Là-bas sur la route de la mer

Aujourd’hui que j’y vais, pluie de rayons

L’or des blés, en coquelicots s’affaire

Les routes savent vous faire des signes

Lever un pouce et tout à coup, l’image

Celle des saveurs éphémères, assignées à avant

Au-devant je vais jouer, la page appelle

Appel des saveurs éphémères, la plage est belle

A l’eau dans l’instant, soyeuse en transparence

Dans l’instant l’eau se montre à mon poignet

L’eau du passé, lo del pasado, lot du cadran

Il divague et dit vingt deux fois

Pas de blague et puis l’eau se reprend

Par la claque d’une vague

Au bord, des corps nus gardent la bague mais pas le reste

L’Ouest est saignant de rayons, il punira

Ces corps trop nus enfreignant le désir de ce qu’on ne voit pas

Le désir s’insinue dissimulé, dans l’inconscient qu’il caressera

Un corset noir joue les poseurs

La poseuse voudrait stimuler les nuages

Eux ont leurs histoires, leurs formes volages

Des humeurs brodeuses et végétales

Même pas des brumes cotonneuses, qui s’étalent

Une femme sème nue sur le flanc, l’humeur de mon instant

De dos et étalant son mate

Son mètre de jambes appelant aux largesses

Et le large y erre en regards, comme moi à l’instant

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires