Le panache de l’enfance
Des boucles soleil caressent Saint-Mathieu
Un saint, je ne sais pas si ça le chatouille
La houle est faible et seule une brise frétille, pas le vent
Conquête d’une pointe à la force du naturel, pâle vent
Naturelles donc coquettes, non feintes ou forcées
Le Conquet te les regarde et retourne à son habituel
Habit du lieu, le bateau le dévêtit
S’en allant divertir d’autres quais
Hâtons-nous vers l’élan ! L’ailleurs ! Les soupirs des îles !
Sous les paupières de la grande île, nous siestons
Sieste au bout du monde, où l’horizon s’agrandit
Sur la peau de cette île, nous fuguons comme deux enfants
Nous le fûmes, enfants, et puis une sœur ça grandit
Nous effleurons l’infini, sommeil ou horizon
Je file ici ou là, flairer la côte en foulées
Nous nous retrouvons
L’air t’a fait virer vermeil, en coulées de rayons
De l’or a coulé de tes cheveux à ta peau,
Au décor tu t’es acclimatée.
Enfants défoulés, nous tutoyons l’horizon encore
En dînant des goûts les plus fins et… coûteux.
En découle une nuit sans toit, sous toile et ciel
Ecoulée la nuit nous rend, nous roulons
Au bout de la baie, en face de Pern hier
La lande émet du vert, emphase des souplesses
On soupèse l’instant, dans l’élan de l’île
Un lapin se fait enlever d’un vol rasant
Il est au goéland, envolée l’innocence
Il a volé dans ton innocente perception des choses
Nous arrosons la gorge de la baie, à l’élan d’un café
Nous forgeons de ces instants, sans bouderies
Les bouts de riens ou de disputes, c’était avant
Le bout du monde exulte de gris, s’étirant
A Pern on a rivé nos roues, sans but encore
Rondeurs de ce panache de gris
S’il était besoin tu l’éclaircis
D’un malicieux éclair blanc, d’un retournement
Même les cieux en rient, se rappelant avant
Le panache délicieux de l’enfance
Moustache de lait appelant un sourire
Tu la lapes là, et déjà il est l’heure de partir
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle