Misanthrope de passage

Rade de Lorient, 25 juin 2022
Tour de la découverte, 25 juin 2022
Jardin de l'Hôtel Gabriel, 25 juin 2022

25 juin 2022,

Jardin de l’Hôtel Gabriel, Enclos du port

Lorient

Pour ici au volant, je ris

Pour Lorient et ses liens

Ses liants dont certains ont pourri

Si vite ou si longtemps

Si l’on tend l’oreille, toujours on peut l’entendre

Si longtemps merveille : l’amour

Alors au volant je ris, d’éclats, des claques

Soudain l’orage aussi, éclate

J’ai dans la gorge l’éclat de la fin

Chat sauvage et tout roussi de l’éclair

De soumissions rassies

De missions sous passivité

Démission de tout ça, de l’avidité d’un amour

Combien de vies me reste-t-il ?

Roué de combien de coups ?

Ce soir je vis, et je m’en fous

Pour ici au volant, le doux de Lorient

Au port je vais, pour le miroir, sur un muret

Sous le style périclite l’histoire  

Alors je perds en toi, regagne en… quoi ?

J’instille un peu de rite dans ma suite

Péremptoire passé, ainsi mis de côté

Ce soir on joue, l’air se dira des vers

L’averse menace ? On s’en fout

Qui sait au fond si le ciel se divertira ?

Pour ici à pied, enduit de Lorient

Par ici une amie, présence

Ancienne ville, ancienne vie

Le port ici s’embellit

Sans briller trop, dans la délicieuse heure

La part ici est aux anges

Nom d’un jardin ! Peu important que le ciel descende

A part du temps

Peu important les cendres qu’il fit

Apport de tes traits, amie

La portance…

(et j’arrête avec cette architecture)

… la portance de tes traits

Je danse dedans, tes cheveux gris à la facture noire

Je parlerais si je pouvais mais « si »

Alors je souris, meilleure façon de parler vrai

Tu es pâle comme un samedi solitaire

Par l’ivresse tu commences

Quoiqu’il t’en faille plus pour que l’ivresse commence

Tu es pâle mais tu me dis de lui,

Tu lis de lui, tu luis de vous

Tu n’es pâle que pour le ciel gris : parfait

Le ciel menace aussi de son verre

L’averse à leurs bouches, commence

L’air fait place à l’art, l’art fait aux caissons…

Résonnance, du « qu’est-ce donc… ? »

Qu’est-ce qu’on se caille pour juin !

Et puis le froid s’écaille, s’égaie

Se gonfle de cent attentions qui se joignent

Attentions descendant sur l’herbe

Les rebonds des mots qui s’empoignent

Sur l’air de : parler vrai ou se taire

Démons des mots, des rebonds de médisance

Léon disait aussi, ou écrivait

Que les on-dit des médisances agencent leurs sourires

Quand les ondées du vrai n’ont plus rien à dire

Nada para añadir

Eux ont à dire, Oronte un peu trop de vers

Par ici tu lis de lui encore

La tendresse y est écrite sans vers

« Reviens moi vite » en vrai

L’envers d’un regard qui ne voulait pas s’inviter

En vers on dîne en bas, d’un juin paradis

Jardin d’ondées bientôt ?

Je n’ai pas l’envie de vous envier : je me réjouis

Que par ici tu l’élises et qu’il se lise en toi cette joie

Les vers se disent en bas, sévissant de médisance

Les mieux-disants ? Tous, déversant leur talent

Ma langue a fourché, toussant des compliments :

Du trop lisse

Chat sauvage et tout roussi de l’éclair

Les clameurs de la Base au loin

La braise des si luisants vers

Un bébé les biaise, ou leur souffle

Babillement que nos cuisses déjouent

Au port un peu de chaleur en plaisance

D’un plaisir sans une once de malveillance

Nos peaux reposent et ne se parlent plus ainsi

Leur silence n’en est que plus enveloppant

Pour les vers qui s’apposent de par le temps du lys

Licence au rose qui se hume au crépuscule

Arôme qui s’ose puissant, au puits sans fond des médisances

Brume violette et baroque

Le bébé rit quand les pneus crissent

Le bébé crie quand les feux pâlissent

Phénomène délibéré du ciel ?

Hébété le gris fissure

Célimène et son livre à la main, s’abritent

C’est humain sous la pluie qui crépite

Phénomène passager comme inhabituel

Le bambin et nous et tous, nous descendons

Des sons de pluie d’une scène enherbée

Ciel énervé, scène envahie : on y va ?

Tout sauf coutume de s’en aller

Tout sauf un rituel de leur parler sans vers

Les costumes trempés, battre le rappel

Eponger la brume et les pelletées de pluie

La rampe est humide mais frétille à nouveau

On babille, on tousse, on se pèle les…

Chiches de rester ! Pour la beauté de l’inédit

L’herbe se rhabille, de vers peut refleurir

Le repaire du rire ou de la profondeur

Peut perdurer, prenant acte des quintes

Il fleure ici l’impact des gouttes

Le V tapisse à nouveau l’heure

Le bébé pleure et mes pores tremblent

Ils semblent trahis par la chaleur envolée

Mais en vers on va les rétablir

Et d’un semblant de souffle mon amie

Souffle dans l’envers de mes vêtements

Au port un peu de chaleur en plaisance

Tout sauf vainement

Du feu de sa pâleur, la délicieuse attention

Le sang dans les veines remonte

La tension revient, à l’Ouest disparue

Disparos, de la haine d’Oronte

Le crépuscule d’un cycle, des gestes à bicyclette

Les imbéciles médisaient, une lettre les a médusés

L’usure des longueurs, dans la froideur d’un être

Mis ici dans la froide heure de juin

Des joints du ciel qui ont fui d’un peu d’éphémère

De l’effet merveilleux et attendu, d’un feu à l’Ouest

Mis ici dans la froide heure de juin

Missile que toute époque avalise

Car de plaisirs imbéciles jamais en rade

Mise ici, d’un pari pluvieux de juin

En rade au crépuscule, des brises de mots

Ces mots qui n’ont droit qu’à une seule prise

Ils prennent et donnent et bousculent

On est tous en droit de frissonner, de s’y retrouver

Groupuscule attiré, sous la théâtralité du sale temps

Attroupement soudain de mains retrouvées

Qui souplement saluent le soir, s’allient

Et saluent encore la réalité d’une histoire déjà jouée

Rien que le temps ne distende

Dans le jeu d’un soir de juin

Dans le soir d’un jour de juin

Bien que des échos de signes me causèrent

Bien des échos de signes m’ont causé

Je m’évapore vite, sans question d’oser

Je n’ai ni conversation ni question à poser

Que ce soit l’enclos ou la rue, extinction

Les nuages, de signes, ont fini d’arroser

De passage elle me ramène au port

De passage en tropique de passé

De sages pas, qu’auraient-ils été ?

Question dont j’ai sapé le sens

De passage elle me ramène

Un trop piquant passé

Elle m’a ramené, on se quitte

Un tropique enduit de crépuscule

Il est l’heure où tout crépite et tombe

Les lueurs répliquent une dernière fois, des trombes

De passage, qu’aurait-ce été ?

De sages pas : partir ou s’arrêter sonner ?

Je pars comme je suis parti, mais moins sonné

Un nuage de lumière au septième

Ciel noir, une image assénée

J’ai quitté l’enclos, la page est close

Ascète à l’Ouest, en liberté

L’enclos nous a dit des tirades

De la rade je me retire

Comme une marée en parade

Qui sait pouvoir revenir

Dont son pouvoir n’est pas de redire

Mais de luire, de l’île là-haut

De reflets d’huile et de lumière :

De passage

Reproduisant le fil de pages anciennes

Réunion dans la grande île là-haut

Connaissant déjà ces pages anciennes

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

Misanthrope de passage, crépuscule d'un cycle
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