Ombres éruptives
Au soir dans cette chambre
A l’heure où tout retombe, en noir
Au noir qui succède aux ombres crépusculaires
A l’orée de la nuit, le corps éploré de jour
Le sang dessous est comme un suc, une sève
Un sévère désir de n’être plus qu’un corps
De n’être plus un corps mais stellaire ou imaginaire
Eploré de jour le corps s’est évertué de trop
L’écorce qu’est cette chambre et la sève qui boue dessous
La nuit encore à explorer
La lave couleur ombre qui lève
Et quelques failles aux murs, vont pour s’exposer
Quelques feuilles ou photographies, déposées
Cartographies de présents ou de passés
Car tout raffut est pluriel, comme les failles aux éruptions
Des présences aux murs, tes yeux se ferment
Des séquences dépareillées, de passé s’y ouvrent
Le sommeil est un monde à part, tu y es presque
Et pourtant, tu ne veux pas appareiller
Car la sève boue comme une lave qui lève en toi
Dans le crépuscule qui s’évente à la fin des lueurs
Tu te fais relève à tes propres forces, tout à fait toi
Tu es relais au vent du soir, avant même le rêve
Tu t’appropries l’effort de plus, après les farces du jour
Si ton corps s’enlaidit du nécessaire, tes idées sont libres
Elles, à peu de prix et dans des à peu près de flou
Si tu t’es sincère, cet effort de plus te sera fièvre
Si tout est comme une lave sous serre
Si tu es homme avide des feux, essaie la ferveur
Le noir n’est pas vide, au crépuscule il succède
Contraire au jour il se fout du succès, de l’échec
Le soir est à vous deux, cette chambre et toi
Il est le sens contraire au devoir, il est une voie
A vous deux, à ton âme et toi, à cette femme à la peau ambre
A vous deux vous pourrez amalgamer ce lieu
Vos laves énergiques font un vacarme obscur
Désarmées du corps, vos ivresses se cambrent aux murs
De noir sur les décombres du jour
Telle est ta chambre magmatique,
Ombres éruptives
Amalgamées, ne vous voilà qu’une
Voile enflammée, onde furtive
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle