Ombres éruptives - Jean-Marie Loison-Mochon - Crépuscule d'un cycle

Ombres éruptives

Au soir dans cette chambre

A l’heure où tout retombe, en noir

Au noir qui succède aux ombres crépusculaires

A l’orée de la nuit, le corps éploré de jour

Le sang dessous est comme un suc, une sève

Un sévère désir de n’être plus qu’un corps

De n’être plus un corps mais stellaire ou imaginaire

Eploré de jour le corps s’est évertué de trop

L’écorce qu’est cette chambre et la sève qui boue dessous

La nuit encore à explorer

La lave couleur ombre qui lève

Et quelques failles aux murs, vont pour s’exposer

Quelques feuilles ou photographies, déposées

Cartographies de présents ou de passés

Car tout raffut est pluriel, comme les failles aux éruptions

Des présences aux murs, tes yeux se ferment

Des séquences dépareillées, de passé s’y ouvrent

Le sommeil est un monde à part, tu y es presque

Et pourtant, tu ne veux pas appareiller

Car la sève boue comme une lave qui lève en toi

Dans le crépuscule qui s’évente à la fin des lueurs

Tu te fais relève à tes propres forces, tout à fait toi

Tu es relais au vent du soir, avant même le rêve

Tu t’appropries l’effort de plus, après les farces du jour

Si ton corps s’enlaidit du nécessaire, tes idées sont libres

Elles, à peu de prix et dans des à peu près de flou

Si tu t’es sincère, cet effort de plus te sera fièvre

Si tout est comme une lave sous serre

Si tu es homme avide des feux, essaie la ferveur

Le noir n’est pas vide, au crépuscule il succède

Contraire au jour il se fout du succès, de l’échec

Le soir est à vous deux, cette chambre et toi

Il est le sens contraire au devoir, il est une voie

A vous deux, à ton âme et toi, à cette femme à la peau ambre

A vous deux vous pourrez amalgamer ce lieu

Vos laves énergiques font un vacarme obscur

Désarmées du corps, vos ivresses se cambrent aux murs

De noir sur les décombres du jour

Telle est ta chambre magmatique,

Ombres éruptives

Amalgamées, ne vous voilà qu’une

Voile enflammée, onde furtive

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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