Natures sœurs

Il y a des choses qui ne se réparent pas

L’un de nos repaires à toi et moi

Est cette cavité purulente en saignées de brûlures

Même cave hantée où, dans le noir, ce monde nous enseigna

La littérature au réel -la vie- d’être jeté en pâture

Aux bras de la culpabilité, cette habitation des profondeurs

Nos chambres s’y voisinent et la terre même y est magmatique

Dans ces chants brûlants de la terre-mère, nous nous sommes élevés

Nous accusant de ne jamais être à la hauteur

Du sacrifice, des laves versées

Mais nos feux ont su creuser même lorsqu’ils fanaient

Ils ont filtré, fureté dans les veines de la vie

Grâce à celles de la terre-mère il est vrai

Et l’un l’autre nous y connûmes bien des atermoiements

Des redescentes, des soufflets claquant au visage de nos légèretés

Nous sommes retombés, nous sommes relevés, au milieu des craquements

Des baraquements de la terre qui nous a tant donné

Excédée parfois mais ne cédant jamais

A exceller dans l’amour, malgré des temps damnés de culpabilité

Et je t’admire d’avoir su te hisser aussi vers l’air libre

Vibrante et inconstante, étant donné que nous en sommes nés

A l’air libre je sens d’ailleurs les résonnances

De nos coordonnées qui se rapprochent, se rapprochent

Les sangs vaillants, leurs similitudes

Du magma s’envolant malgré les inerties terrestres

De la vie toujours des scories il t’en restera, m’en restera

Et je pourrais en rester là, à te dire je t’aime, aussi volcanique que nous l’aimons

Mais la vie -et non la culpabilité- m’aimantent à ajouter

Que j’aimerais qu’un jour tu pardonnes mon éruptivité

Celle d’alors proférée par peine dans ton jardin

Celui où s’établit l’Antiquité, ce territoire dont tu n’as jamais dit tous les secrets

La colère nous est commune, nous sommes faits de lave

L’intolérance nous est clef aussi, l’inconstance nous éclaire autant

Mais sache et ce sans insistance, que ces stances-là de cris étaient tristesse

Et dans ces temps de ton Antiquité

De ne pas savoir encore conduire mon feu

Et je voudrais te le redire, pardon

Non pour réduire ma culpabilité ou mes parts d’ombre

Mais bien pour luire mieux depuis mon cratère

De cette brillance d’amour qui t’y guettera, tout à l’horizon

Pour tous deux s’apercevoir mieux, nés d’une antique et mythologique créature

Pour tout dire ou rien, au sommet de nos deux vies

Majestueuses ou empêchées, au repos ou joyeuses

De la magie créée, de cette même splendeur héritée

Nature d’une terre, mère, et partagée

Jean-Marie Loison-Mochon

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