Musique de chambre
Comment cela se dit, quand le magma…
Certainement pas ébullition ?
Quand le magma se dit qu’il est temps de frétiller puis pétiller
Pour surgir
Et par ces jeux dormants en moi, houspillé de souvenirs et joies
Dans ces feux joyeusement crépitants
Je sens venir des signes ; je perçois
Le soupçon de sens qu’il y a
Dans ce qui se saupoudre d’une température majeure
Des accords pour de la résonnance
D’univers et mondes parallèles en conflit
Désaccord et pourtant, sonnant sous mes doigts, sous mes yeux
Partant de signaux infimes, tremblements subtils
Sous mes cieux nuit, un chat noir passant
Et cela se peut-il ? que ma page ait appelé de la plus agile des manières
Une présence ancienne et présente
Résurgence diluvienne et sans urgence
J’aurais juré, en ces lieux de l’au-delà
Qu’à l’instant la musique des laves se mit à se faire entendre
Non insistante mais maladroite et perçue, à se faire tendre
Cave insondable des parois de l’invisible
Parloir auquel j’ai saisi pourtant, portant dans la cendre ?
Le clavecin dont sabrer le verre, d’un cycle nouveau
Inscrit au fond de mes instincts, de la plus sanguine impulsion :
Intrusion d’encre, les laves, l’antique renouveau
Embrasement de frêles perceptions, me jouant cet air
D’une pulsion s’avouant un pouls frénétique et ambré
De la vie : d’une musique de chambre magmatique
Jean-Marie Loison-Mochon