La noche | La nuit | Alejandra Pizarnik

Version originale, puis version traduite. Humblement preneur de toute remarque ou amélioration!

Poco sé de la noche

pero la noche parece saber de mí,

y más aún, me asiste como si me quisiera,

me cubre la conciencia con sus estrellas.

Tal vez la noche sea la vida y el sol la muerte.

Tal vez la noche es nada

y las conjeturas sobre ella nada

y los seres que la viven nada.

Tal vez las palabras sean lo único que existe

en el enorme vacío de los siglos

que nos arañan el alma con sus recuerdos.

Pero la noche ha de conocer la miseria

que bebe de nuestra sangre y de nuestras ideas.

Ella ha de arrojar odio a nuestras miradas

Sabiéndolas llenas de intereses, de desencuentros.

Pero sucede que oigo a la noche llorar en mis huesos.

Su lágrima inmensa delira

y grita que algo se fue para siempre

Alguna vez volveremos a ser

De la nuit, je sais peu

Mais la nuit semble savoir de moi,

Et plus encore, elle me veille comme si elle m’aimait

Me couvre la conscience avec ses étoiles.

Peut-être la nuit est-elle la vie et le soleil la mort.

Peut-être la nuit n’est-elle rien

Et les conjectures sur elles, rien

Et les êtres qui la vivent, rien.

Peut-être que les mots sont la seule chose qui existe

Dans l’énorme vide des siècles

Qui nous éraflent l’âme de leurs souvenirs.

Mais la nuit doit connaître la misère

Qui boit de notre sang et de nos idées

Elle doit jeter de la haine dans nos regards

Les sachant pleins d’intérêts, de discordes.

Mais il arrive que j’entende la nuit pleurer dans mes os.

Sa larme immense se répand

Et crie que quelque chose pour toujours s’en est allé

Un jour à nouveau nous serons 

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