Moderna - Jean-Marie Loison-Mochon

Moderna

A l’entrée il y a deux femmes

De petite taille, la peau à même les os

Ou les os à même la peau, c’est un détail

Elles n’ont pas l’air hautaines, ni vantardes

Derrière une vitre elles attendent, ceux qui tardent sûrement

Elles ont l’allure un peu mexicaine, vous attendent sans bailler

Elles sourient, saluent sans éventail

A l’entrée le courant d’air taille sa part

Dans le hall de l’hôtel, la vitre est là pour les protéger

L’invité lance ici ou là ses regards

S’il est tard l’hôtel est désert sauf si

Attentive sans être agressive, une paire de cils regarde :

L’hôte est là, veilleuse, quelque part sans pouvoir la voir

Son pouvoir est là, de sortir de l’ombre ou du désert du hall

Et sous des airs protecteurs ou maternants

Elle s’enquiert, de savoir qui, de savoir quand

Dans la lumière nuit et un peu ambre

De savoir qui erre ici et vers quelle chambre

Puis assurée de ne vous savoir pas errant

Vous passez, ce hall ou les escaliers dominant

Un puits dans le patio, ses murs blancs

Ou depuis les étages, le pas sous silence dans les airs nuit

A moi ce patio me dit des images de Buenos Aires

D’autres passions, d’autres vols de nuit

A l’image cependant d’un même continent, d’un genre d’accent

De l’hôte à l’attention qui veille, comme une ombre ici

De Colombie, au long des murs blancs à l’air libre

De Buenos Aires me revient le Bolívar

Comme d’un beau livre ouvert titrant « avant »

A l’air libre du patio, aux étages ou au niveau du puits

Votre lit ouvre ses bras, ceux de votre nuit

La suite est vôtre et sous parapluie d’intime

A rebours du sommeil ou d’autres genres de rêves

De Cherbourg ou d’autres genres de Buenos Aires

Où le moderne agence un patio, un accent

Un terrain où amerrir, ensommeillé ou veilleur

L’Amérique en veilleuse, sereine

Ou sous vos rêves, vers bien d’autres ailleurs

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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