Médaille du travail - Jean-Marie Loison-Mochon

Médaille du travail

On compte ton temps par trente-cinq

Et tu t’en contentes, reçois ça cinq sur cinq ?

Cinq semaines par an : la rente à la synchronicité

Sur la même rampe que tous tes congénères

Tu prends congé de la petite chape de plomb qui t’héberge

Sans que ça ne te donne la gerbe, espérant retraite avant cercueil

Petite échappatoire, tu chapardes ça tu crois

A pas de chatte, tu crois t’évader par un peu d’intense

Quand, en y pensant un tant soit peu

L’intense pourrait t’être tout au long de l’année

Plutôt que te dispenser des « jours pris » : de petits « peu »

Prise par les jours, les semaines, l’abrasion des mois

A petit feu, quand tu pourrais te semer un brasier

Travailler sans compter pour vivre à démesure : de joies

Sans qu’on t’aide : la trouvaille est là

De t’amuser à rallier une autre vision

Dans laquelle vous vous trouveriez comme des millions d’alliés

Incisifs et désireux d’une autre vision, que la mollesse

De l’amertume que ces mots te laissent, comme une provocation

Comme des millions vous vous trouveriez

Plus incisifs et moins maillons : prêts à croquer vous travailleriez

Loin de cette médaille qu’on ne dit pas canine

En bout de chaîne, en bout de ligne, pour ne pas choquer

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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