Médaille du travail
On compte ton temps par trente-cinq
Et tu t’en contentes, reçois ça cinq sur cinq ?
Cinq semaines par an : la rente à la synchronicité
Sur la même rampe que tous tes congénères
Tu prends congé de la petite chape de plomb qui t’héberge
Sans que ça ne te donne la gerbe, espérant retraite avant cercueil
Petite échappatoire, tu chapardes ça tu crois
A pas de chatte, tu crois t’évader par un peu d’intense
Quand, en y pensant un tant soit peu
L’intense pourrait t’être tout au long de l’année
Plutôt que te dispenser des « jours pris » : de petits « peu »
Prise par les jours, les semaines, l’abrasion des mois
A petit feu, quand tu pourrais te semer un brasier
Travailler sans compter pour vivre à démesure : de joies
Sans qu’on t’aide : la trouvaille est là
De t’amuser à rallier une autre vision
Dans laquelle vous vous trouveriez comme des millions d’alliés
Incisifs et désireux d’une autre vision, que la mollesse
De l’amertume que ces mots te laissent, comme une provocation
Comme des millions vous vous trouveriez
Plus incisifs et moins maillons : prêts à croquer vous travailleriez
Loin de cette médaille qu’on ne dit pas canine
En bout de chaîne, en bout de ligne, pour ne pas choquer
Jean-Marie Loison-Mochon