Métro et jour : Un
Direction Mexikoï pour un bain,
Pour des bouffées de chaleurs brûlantes,
Mon premier tour dans le métro 1.
Ses stations au parfum d’historique,
Wagon jaune, l’ancien, l’authentique.
Deux anciennes hongroises s’asseyent.
Les vieilles copines pour la vie
Ne parlent de rien, ne parlent pas.
Eh ! C’est qu’elles se sont déjà tout dit.
Le roulis converse seul, au pas.
Les princesses conservées, coquettes,
Me font marrer depuis leur banquette.
Dodelinant contre capiton,
« Non-non », «si-si », chefs en discussion.
Et il n’y en aurait pas une pour lâcher le morceau !
Portées par la rame qui les mène je ne sais où, elles oscillent toutes deux à leur façon. Pas une pour changer d’argumentaire, elles n’en démordent pas. Elles me font penser à ces peluches sur les plage-arrières, qui de la tête s’enthousiasment quand l’auto est moteur allumé, en mouvement. Si-si, non-non, si-si, non-non, un vrai dialogue de sourds ! Mais les princesses décaties, à leur âge, pas impossible me diriez-vous !
Je revois mon fantôme faire ce même mouvement, un premier de l’An pour me lancer sur la piste.
Sur la rue, je sors. Deux autres vieilles, avec des t-shirts détonants :
En français dans le texte « Bisous bisous », BB. C’est une manie de tout dire deux fois ! Mais pour deux ovaux… Ont-ils été baptisés du même nom ? Ou est-ce leur cri, hurlé et écrit de ce qu’ils se sentent abandonnés, ou par trop peu fréquentés ?
Ce n’est pas moi qui irai rompre leur solitude. En bon ogre amateur de lait, quel est l’intérêt d’aller téter une source tarie ? L’attrait de celle-ci est trop mince de potentiel.
Et puis, Œdipe planerait alors. Or, moi j’aime ma mère mais comme il faut, et mon palais me suffit. Et puis, sans les yeux, comment remplirais-je mes cageots d’impressions. Hein, dis-le moi donc, Jocaste de la rue de Pest !
Bisous-bisous, regarde donc ta sœur, ses seins crient « Amour ». Oh oui, faites donc ça, abreuvez-vous. Ce me sera un spectacle inédit, ici ou ailleurs, bien qu’un peu décrépi.
Jean-Marie Loison-Mochon
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