Lumières de travers – Appeauésie

Quelques lignes pour un horizon aux lumières de travers

La lune est un phare; il allume la nuit. Lueurs: l’une est île; l’autre, étoile. L’une est leurre, l’autre est nuit. À l’heure de la nuit, il est une histoire entre deux lueurs.

La minute est sombre, l’horizon est clair. Ligne bancale pour un horizon étalé. L’île est un phare, sur lequel la lumière alunit. Phare inutile quand la mer est étale. Simplement un étal à lueurs, où se vend du fard à eau. Vent du phare-Ouest. Mer étale, fardée d’une étoile.

Île: bergère gardant une mer sans mouton ou pâturage gardé? Reflet étoilé, étiolé par l’intermittence d’un perturbateur.

Du Pouldu et ses dunes mortes: mer étale fardée d’une étoile, qu’une île imite timidement. Mythe de la mère-étoile: ses reflets sont-ils filles ou garçons?

Clins d’œil répétés: Il est un strabisme à l’horizon, isthme hallucinant ou éclair alunissant? Séisme lumineux, magnitude: illumination. Lueurs à l’unisson. Phare polisson, face à la mère-éclairante et sa mer éclairée.

Que voit Groix: voie sacrée? L’île de Groix, effarée, près d’elle voit errer un pré lumineux, constellé par une autre île, isolée dans un autre océan: une île aux abords inaccessibles.

Vers Groix: voie effarante, ancrée dans la nuit. Nuit, dont l’encre luit. Qui irait lui dire qu’elle ne sait pas dessiner? Dans la mer, en rais nocturnes et rayons morts, une raie mord à l’hameçon de sa feuille d’automne.

La lune dit: l’inutile est fardé, quand l’utile s’efforce de briller. La lune poursuit: l’inutile effare à vide, quand l’utile éclaire à plein.

Il est tard. Telle était l’histoire d’un cliché inutile et raté, pris depuis une ville éphémère. Immobile horizon, mobile à oraison pour celle qui éclaire un phare. Mots sur des flots, courant dératé.