Más
D’ores et déjà je sais, je sens
Droguée déjà dit-elle
Drogués nos sens ?
Au gué de nos lèvres, je sens plus
Au gré de nos regards, se susurrent des choses
Mon sang me dit des joies non usurpées
Soyons sûrs et tout périt
Mais mon sang a le toupet rieur
Se basant sur nos sens pour se faire parieur
Je songe éveillé, à ces pluies de pâleur
J’y replonge émerveillé
Et nos veillées se prolongent
Sans besoin de le crier, ni même l’écrire
Mais à désir se voir briller, et même l’écrire
Deux îles dans le noir, peu habillées
Le sauvage est dans les yeux, c’est une histoire de cils
Le sauvage du tendre et du désir : de cimes
De tendre vers une page tout sauf docile
Au dos de ces heures, s’illumine un chant risible
Le champ des possibles dans celui du plaisir
Le chant du paisible, et non des sirènes
Le sauvage est paisible car serein, du plaisir d’être contre
Au dos de ces heures, d’en être conteur
D’être contre le replat de nos peaux
Dans l’entrelac de nos peaux, contrariées par rien
On ne trahit rien dans ces confins
Nos sens se confient, nos sangs configurent plus qu’une chimie
D’ores et déjà je sais, je sens
Nos yeux se confèrent des lueurs, de proches après à demi
Des approches vers le sauvage, sans la prédation
Sans la prétention de préfigurer, en alchimistes
Mais là au chevet de nos visages, à l’anarchie mystérieuse
Le feu veille nos figures, nos noirceurs échevelées
Et je veux les caresser comme une île, un crépuscule
Ces veillées qui se susurrent des joies sereines car sauvages
Pas de loi si ce n’est être roi et reine : libres
S’éveiller à l’autre et songer en sommeil ou sous mes mots
A ces velléités qui sommeillent en nous, comme des voiles
De voguer un peu plus l’un vers l’autre
Et déshabiller encore des après
Des présents prêts à briller les uns les autres
Frayer l’un vers l’autre, se révéler nos présences
Épeler le luisant, de nos songes dévoilés
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle