Mala
Nantes
Mala
Mis là au milieu d’un banc
Mais il a l’sourire et n’veut pas
Il n’veut pas des coups, qu’lui tirent les képis
Mais il n’veut pas des doux, doux mots
Des doux mots qui compatissent et puis
Et puis qui r’partent où la chaleur tapisse
L’heure là crisse déjà d’un peu
D’un vent d’feu, d’un froid brûlant
Le leurre est là, d’croire ces gens sans passé
De c’que leur présent n’est qu’une croix
De c’qu’on leur présente que des mentons
Mais parlez leur et leurs paroles dément’ront
Elles démettront les silences dont on les habille
Et r’montront alors des crasses, des brillances
D’ces gens-là, pris dans cette nasse qu’est la rue
Dans c’froid qui cad’nasse, l’Ordre qui les broie
Car qui est Loi n’se soucie parfois plus d’la justice
Et c’soir dans c’sursis d’jour il est là
Mala, dans ce square des combattants
Moi là j’suis sans Nord, Mala lui s’en sort
Et moi j’quitte le square où parfois il dort
J’le quitte en battant l’pas, le pouls d’colère
Mala lui s’en acquitte, sans s’faire coupable de trop d’espoirs
Au square des combattants d’Afrique du Nord
Jean-Marie Loison-Mochon