Magmatique argenté
Dans la semi-pénombre des conduits d’ici
Les canaux se mêlent, les images défilent
Certaines défient le silence, cette chose nue
On crépite de flashs anciens, la terre sous ces êtres fait pareil
On fuit par œillades, on la regarde onduler
D’orgueil, de puissances noires, grises et blanches
Petite foule électrisée de se pencher, sur ces chambres exposées
Chambres noires ou magmatiques, sans empathie ni pitié
D’orgueil on pâtit tous, et les membres de la petite foule frétillent
Cambrures et silhouettes, de la terre des émanations
De si loin, de si profond ou si superficiel
Dit-on aussi houle de lave au son des flots lus, dictés ?
Les émoluments du quidam sont des superficies de peau collectées
Il n’est pas de repaire plus intime, voudrait-on croire
Mais sous les tons noirs et blancs, on s’imaginerait que si
Dans l’envers de la terre, dans l’envers de ces images qui défilent
A l’envers de cette peau, qu’y a-t-il ?
Des signes explorent les silences, le vague est une marée persistante
Les vagues de mots viennent s’amarrer, s’enregistrant sur les côtes
Dans des tons plus graves et amplifiés, d’éclats nus
Argents, au registre des nudités volcaniques
On boucle et reboucle sur ces cheveux, qui frisent
L’éclosion, l’éruption, la folie qui dort
Du désir d’en éveiller, de celui de se ramener
A ce qu’était un corps, un visage, avant d’être magnifié ou strié
Le cours du temps est une courbe féminine
Que l’on caresse, enlace, embrasse
En lassitude ou honte, soudain la voilà qui se cache
A milieu de la petite foule des voyeurs
Montrant le dos tandis qu’on la regarde en face
Etant dit qu’elle se refarde d’un silence, non qu’elle se ravise de ces élans
Et les houles de lave argentique défilent, défilent
Défiant la chambre ici de l’objectif d’être un désir
Du désir d’être aimée, regardée féérique
En mille et une prises éruptives
En des phrases, quelques-unes frénétiques, d’autres lascives
Comprenant comme aucune, son désir d’être comprise
Jean-Marie Loison-Mochon