L'île allégresse - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

L’île allégresse

Sous couvert du crépuscule et ses couleurs

J’ai découvert une île

J’ai lu l’horizon, sans tout comprendre

J’ai feint l’ignorance, afin de mieux désapprendre

Et des après se sont ouverts

L’île nous rend ce que nous sommes :

Des après sous couvert de l’explorer encore

Sous quel hiver ou quel été, je ne sais

Mais je ne cesse de la regarder

La regarder me délivrer ses regards

Allégresse, que ça se dit je crois

Alors au gré de l’île je garde ce mot en moi

Là si la grisaille brandit une île

S’il la grée comme une voile qui baille encore

C’est qu’il y a l’agréement d’une course au loin

Là dans les coursives du temps

Tenant la douce rive de sa main

Le tout, c’est de suivre nos instincts

D’explorer les instants, sans la certitude de rien

Le voyage est à ce prix : se poursuivre sans savoir

Ceux qui savent ne connaissent le prix de rien

Ceux qui suivent ceux qui connaissent, se méprennent

Car ceux qui connaissent méprisent le lien,

Ce chemin qui s’établit ici entre l’île et l’allégresse

Ce sentier qui me tient : elle, et cette garantie de rien

Et c’est à luire ici qu’il faut s’atteler, d’allégresse

Dans cet atelier qu’est l’horizon : une allée qui digresse

S’il y avait un théorème, une leçon à apprendre

Je lui préfèrerais un poème, sa main comme une chance à prendre

A prender el fuego, je joue et ris en me relisant

Seuls elle et l’horizon, elle et l’île me sont luisants

Le feu est gommé sitôt qu’on l’étouffe, alors j’inspire

Je la respire comme une illusion, un gouffre à rêve

Et je m’engouffre à la rive de ses mains

J’arrive à semer à ses côtes, un désir évasif

Car le désir doit s’évaser pour que la liberté accoste

Nos ressacs me grisent de secousses : terre !

Du bout des doigts le désir est vague

Et le désir bout de vagues aux doigts

J’ai découvert une île, elle s’étoile ici

C’est elle ici, comme un lointain qui s’étale

C’est une île qui se confond, déversant de l’incertain

On y est sous un seul toit, inversant le jour et le temps

Elle et moi sous la nuit, unis vers l’horizon

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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