Convergence
En presqu’île, elle et le ciel
Lui s’empresse presque, qu’il pleuve
Et moi je me presse à la côte
A l’à-côté du temps, en impressions sensuelles
Le sens du temps est désuet, là, à ses côtés
A côté d’elle ou tout contre elle
Accolés là l’un à l’autre, nos corps
Nos corps, là, à se raconter du réel
Délassant les heures et les reliant en nous
Comme une fonte dépassant toute marée
Des passantes écoutées, des passés distants écartés
On confond les cours des journées
Le jour, la nuit l’a fondu, ajourné
Comme ses jambes qui font du feu sur ma peau
La nuit a fondu sur nous, d’allégresse ou ferveur
Et j’en brille, à l’ombre du désir
Elle, ambre à la vrille de nos énergies
La lampe abrite le peu de lumière
Orange comme les rampes d’un crépuscule d’hiver
A l’abri des pluies qui tamisent,
De présences faisant presqu’irruption
Il y a l’éruptif du désir dans ces anses
Le répétitif a les iris de ses yeux à elle
Non pas lassant mais qui m’enlacent
Comme une anse l’océan
Comme une anse : ses seins oscillant
Mes bras sont une anse à ses va-et-vient
Le désir est implacable : il nous tient
Et mes contenances perdent tout maintien
Il sera le matin, je la serrerai encore
Comme une signifiante aura, au bord de ma peau
En presqu’île si près du port, au ras des siens
Ses va-et-vient de marée qui se dessinent
Ces regards incessamment redémarrés
Au ras de mes reins, à un rien des siens
La lune a semé un soir, nous a parés d’un lien
Elle s’est emparée de nos désirs, les reliant
Comme deux îles errent au loin
Comme deux silhouettes d’hiver, aérées de lueurs
En presqu’île, elle et nos sueurs
Au jour, à la nuit quand ils divergent
A elle à moi quand on divague
A la côte comme des vagues, qui convergent en presqu’île
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle