Étincelle
“In my imagination, you’re waiting lying on your side
With your hands between your thighs”
AM
Lampe à la lumière ambre
Je m’assieds dans ce fauteuil, le vin…
Toi et moi, ombres dans cette chambre
En proie au noir, assiégeant le seuil de la nuit
Je m’esseule dans ce siège, en baillant des yeux
Cette chambre sans bruit me susurre un privilège
Toi les jambes allongées, la cambrure déposée
Tout est lent, brumeux, murmuré
Mon ivresse est légende mais tes jambes chantent
Je te légende allégresse, ta main serine en anglais
A l’angle du lit, mon regard glisse sur toi
Et toi lentement qui t’es affaissée
Comme un murmure de fatigue, entre les jambes
Ta main fissure l’instant, au gré d’un chant
Toi les jambes allongées, silhouette à la chambre
Ta main fait sur moi l’effet d’un éclair
S’étoilant d’une légende, un chant sorti de la Manche
Ta main fond sur ou sous ta jambe, au clair pour moi
C’est toi lentement, qui incantes ou sertis l’instant
Ta main comme suturée ou immergée
Comme une épée à retirer, tu m’es attirance
En homme je me rendrais à ta légende
A désir errer là, à te regarder et plonger
Pour éponger à tes lèvres, l’apogée sur l’océan
Le sel entre toi et moi, sous cette lune pluvieuse
Tu n’es pas qu’une image fiévreuse
Tu as la magie de l’instant, et d’un chant
Tu as le sel d’une flamme, la chaleur d’une femme
Esseulée là sous la lampe à la lumière ambre
Je suis sous le charme, en proie à l’étincelle
Si tu l’éteins cette lampe, je sais le feu avide
Not shy of a spark, nœud saillant d’obscurité
Tu m’enserrerais, je m’y parquerais volontiers
Je m’assure d’un cliché, d’une pose volée
Pour être sûr de te revoir poser, à volonté
Ta pose qui susurre stop and wait a sec
Ton corps posé sur cette couette éclipsée
Tu t’es glissée dans mes yeux, les secouant
Ce coup les en fait trébucher
Ce coup entre en moi, en un chant ensorcelant
Et nos sorts se lieront peut-être
Nos corps se plieront peut-être
A célébrer ces environs de ton sourire
A célébrer sans bruit tout le sel de l’océan
A sceller sous nuit, tout ce que le désir a d’inconscient
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle