Le virage de tes hanches - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Le virage de tes hanches

“When you look at me like that, my darling, what did you expect?

[…] With your hands between your thighs”

A.M.

Quand tu me regardes ainsi, étincelle

A quoi t’attends-tu à part m’attendrir

Tu dardes d’un silence, à part du temps

Tu me tends toute une puissance, au bord du tendre

Au port il pleut, la nuit sans attendre est tombée

Elle a tout bêtement inversé le sens, le noir a surplombé

Au bord du feu mon hébétement s’ensemence de toi

De toi là en silence, la hanche bombée

Alléchante flamme allongée, la tête accoudée

En fragrance d’une autre langue, ça se dit sacudir

A longer ton corps, mes yeux sont secoués soudain

Sous d’invisibles voiles, le décor d’un chant me revient

C’est d’un si précis concours de circonstances

Dans l’imprécision du soir, comme une insistance

Mon instinct précis, instantanément se fige

Seul homme ici, assistance privilégiée

Je prends le virage de tes hanches, en regards

Mes yeux coulissent sur ta courbure qui s’épanche

Avec ta main entre tes cuisses, encore durer

Les corps brûlants, à distance se peut-il qu’ils puissent ?

Ne pas distendre l’espace puis crisser dans l’ombre

Lampe à la lumière ambre, qui me dit d’attendre

Ta main et tes jambes, comme la feuille d’une fougère

Le doux au dehors et puis la soulever, rugueuse

Tu sais que j’erre fou, je n’exagère rien

De ton image passagère, d’un maintien alité

Puis tu as la musicalité de tout un sourire

La main flanquée de tes cuisses, de tout un sous-titrage

Et sous cette rage entre nous, douce et suscitée

J’en sens germer le manque, étiré comme un corps allongé

Je songe à m’étendre pour mieux l’encapsuler

Dans ce crépuscule presqu’insulaire

Comme la douce insolence de ta fatigue qui balance

De ta tête qui bascule, ayant l’air de s’assoupir

De là tout est possible, le rêve ou cent soupirs

Frôler de si près, tes cuisses prises pour cible

Comme une brise dans une forêt de cyprès, qui ruisselle

Dans un carrousel de pluies et pensées, de caresses à dépenser

En presqu’île ou en désir, ne plus penser à rien

Et basculer en inconscience, libres de giter

Au creux du rêve, ou celui où gît ta main

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

Jean-Marie Loison-Mochon
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