Les voix du peuple
« Ce qu’on arrive à lui faire dire à la France, avec douze voix de majorité ! » | Jean Anouilh
A quoi pensent-ils ?
Au moment d’en être : qu’ils seront ou ne seront ?
Qu’une voix
Qu’une minime portion de la voilure
Est-ce ainsi que se construit une décision ?
Être infime, que l’on soit de minorité ou majorité
A minorer l’idée majeure que l’on impacte la vie des gens
A minima, des responsabilités se jouent
Ce jour ou d’autres, à voter jusqu’à l’inimaginable ou le plus commun
Le sort ; le sort du plus commun
Il y a comme une indigence quasi palpable, dans l’indignité
A se dire qu’on a voté, responsable et sérieux
Passons, les fronts, les savons, les couleurs revendiquées
Le blanc du drapeau n’est qu’une fable faite au peuple
Le seul règne est à l’argent, pas aux peurs plus irrationnelles
Et que tout ça se teigne ensuite d’oubli, purpura
On ne cherchera plus bientôt, qui a dit oui, qui a dit non
Comme en d’autres temps, qui a dit Louis, qui a dit mort
Et on n’empêchera pas l’idée que la démocratie a cette forme
De la défense de beaucoup par peu
D’un peu qui se réclame de beaucoup
Tandis qu’on isole, distend, capitalise
Jusqu’à rendre fou, jusqu’à l’autolyse la corde au cou
De ceux qui dans l’isoloir ne s’abstiennent pas
D’être bêtes ou d’y croire, qu’à cela ne tienne
Revêtant le rideau comme une étrange camisole
S’en remettant à quelques idéaux, idéalistes
Désassemblés dans l’hémicycle, qui au micro parlent comme seuls
Jean-Marie Loison-Mochon