La magie pépiée là

A un vieux paysan d’Uruguay,

qui aura beaucoup semé

Conséquemment

Mon cycle amène ses vagues

Et quand on sait comment

La recherche, au flou, perdrait de son sens

Je pense moins et me réfléchis davantage

Je me penche et me perche plus, sur des mots

Au fond que faut-il faire ? pour flairer l’envers

Ce qui est censé, ce qui est lointain, ce qui est nécessaire

Les mots sont des serres qui révèlent croissance ou pourrissement

Qui est là un matin ne l’est plus le jour suivant

Cette incertitude est à accepter, d’être comme du vent

Je n’étais plus, j’étais, je n’entends plus, je suis

L’étau, l’étale, de la mer à la rescousse du vide

Je m’établis puis brise, au fond d’un puits me rétablis

L’amertume et ses secousses, des vies de traversées

Il y a ce qui est abime, et en dévier

Je ressens des brimades et qu’en est-il au réel ?

Des bruits m’habitent, des voix de sirène, des vœux de terrestre

Mes songes ne sont-ils pas côtiers ou maritimes ?

Auréolés de pacotilles, je traverse ces jours

Le mal habille ceux qui ne se lient pas

Et de malhabiles se lient pour faire séjour sédentaire

C’est dans tes yeux, les miens, que l’on se retrouvera

Et ma lame brille mais ne tranche pas

Ni l’amour ni le papier, oisive pour ces penchants-là

Préférant écouter alentours des oiseaux, le chant pépié

Jean-Marie Loison-Mochon

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