Les rouages du rouge
« Au lieu de s’enflammer, il appréciait la scène de façon purement intellectuelle, en spectateur impassible. Son cœur restait de glace. Il n’éprouvait aucun désir pour elle. » | Martin Eden, Jack London
La matérialité m’ennuie
Alors mes miroirs sont des mouvements
Ma nuit, mes nuits, dans la facilité des échos
De comme me rendre compte que sinon, ce qui devrait m’émouvoir
Se meurt ou s’abstient de me bouger
Me met simplement, froidement, face à de mes mouroirs
Et je préfère imaginer, si fort que jusqu’à percevoir, toucher
Les rouages du rouge sur la mécanique de certaines lèvres
Peu m’importe que ces Mecque-là, sur cette femme qui est toutes les femmes
Aient la moue agitée par du satanique ou du messianique
La joue tendue vers ces flammes simplistes mais habitées
J’aime à m’y projeter, ou crocheter le réel
J’aime à me projeter dans ce monde-là, où les lointains sont inconnus
Où le teint de ces lèvres me dit qu’il est à briller
Encore, à nouveau, à briguer des éclats inédits
En soi, me dire que non : à moi-même je ne suis pas habitué
Et oublier jusqu’à tout ce qui qui n’est qu’un théorème, de mots, de moi
Et que mes directions sont incertaines mais pleinement miennes
Quand un sentier soudain m’amènerait ou me ramènerait
Dans des aires de réflexions et reflets, soit le plus pur point d’inflexion
Entre mes intensités futures et les mers et océans des plus anciennes
Jean-Marie Loison-Mochon