Les rameaux du 3 juillet
De nouveau, des rameaux
De juillet, d’un à deux
J’y verrais des jumelles
Mais d’un à deux… à trois ?
De nouveau, des rameaux
Bientôt mes regards manquent d’yeux
Au Bertheaume on se longe
Le bateau allonge sa course en rade
Bras de mer et main de providence ?
Là-bas l’eau ronge quelques rochers
Par le bas la mer fait songer à la seule évidence
Le bel instantané s’épèle un trois de juillet
Une cheville à la peau esseulée, nue
Label de ces images qui vous titillent
Toute illuminée du flot d’un rayon
Certains s’ancrent des enfantillages de papillons
Elle, s’est munie de rameaux
A l’ancre du navire, une foule volage
Petite houle de gens n’agissant pas, mais gênante
L’encre, de regards je veux la ravir
La voler, la revoir, m’assurer de ces rameaux
Ces rameaux, dans la rade à un cheveux de moi
Je veux de mes yeux voir, juillet, ce trois
Le jeu, la foi, la foi dans le jeu : l’ai-je ?
Les rameaux à la cheville, les jumelles aux yeux
Cette fille a mon attention
La sienne file ailleurs, tentée par la côte
La tension de ses regards fourmille ailleurs
Un même départ mais pour quelle île ?
Où est-ce en fait, qu’elle descend ?
Le caillou sans plaine ou Ouessant ?
Molène et le non-avenu ?
Ou la possible revoyure, sur l’île la plus lointaine
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle