Les choses simples
« Amar las cosas simples de la vida – equilibrar »
J’emploie des armées de mots pour déployer le sens des tiens
Comme ce « aimer… » de ses cent voix possibles
Sur autant de feuilles qu’un peuplier, sachant que je pourrais
Ne jamais les faire tomber, dans l’oubli ou le désintérêt
Comme cet amour que tu prônais, et celui-ci aussi
De t’intéresser à ceci « … les choses simples de la vie »
L’écho simple et puissant de ce que nous émettions
Bien que vinrent s’y mettre ces légions d’interférences
Les conséquences difficiles qu’a la pauvreté dans ces aires perdues
Et dans l’errance loin de l’endroit où la vie demande à être vécue
Tout cela d’avec toi semble séculaire, de durées bien humaines
A la vérité il s’en prend mieux la mesure là dehors
Où la voûte est seul toit, où le stellaire commande et guide et rassérène
Comme en des étendues d’étreintes, partageant la joie ou pataugeant dans le mal
Mais unis, peu important que les vents soient patagons, andins ou alpestres
Sur le piédestal de cet amour dont tu parlais
Que l’on parlait jusqu’à s’en faire parias chacun
Barbouillant du rupestre ou des brouillons frustrants, étriqués
Parrainés par l’inconscient, ce maître à Providence, appliqué
Le parallèle nous est clair, de nos erreurs, défiances et désastres
Des astreintes en rien nécessaires, des balles perdues qui n’auraient pas dû partir
Ou des danseurs dont les pas perdurent pourtant
Par tant d’égards le ciel nous fit des avancées
D’où mieux nous regarder l’univers et nous avons balancé
Nos yeux dans l’abime plutôt que dans l’habit industrieux
Du labyrinthique des lueurs, dont l’antique simplicité pour nous émit
Des trajectoires de constellations comme autant de plans à bâtir
Commettant l’erreur de ne pas savoir « équilibrer »
Tu l’écrivis comme une nécessité, je le grave ici sans duplicité
Mais avec la gravité de la perte et la pesanteur du perpétuel
Mouvement que nous avons fait dévier, en des virages consternants
Mais n’oubliant pas cette chose que nos deux vies appartiennent
A cet autre village qui se lit à la nuit seulement
Comme le vide et la matière au ciel, se constellant
Refaisant sienne leur étreinte, par de ce que tôt ou tard
De tout au bout de l’arc, on s’élance
Jean-Marie Loison-Mochon