Le sourire va plein Est (II) – L’envol avant décollage

Souriante œillade à son écran,

Souriant à sa tendre Allemagne ?

Elle magnétise mon élan.

 

Le cran du Mouvement est ôté,

De ce qu’elle s’est risquée, discrète,

A visiter ma cabane hantée.

 

Haute est cette altitude où je nage !

Du fond de latitudes troubles

Où titube saoul, riant, mon double,

Je vis l’envol avant décollage.

 

Hôtesse d’intentions voyageuses,

Hébergeuse d’attentions errantes,

Virulente au noir de mes sous-pentes,

Elle s’en prend aux voix tapageuses.

 

Le temps me manque pour boucler la lettre que j’écris. Et si je manque autant à boucler ma page, alors que je pars pour l’Occidorient, c’est que l’allemande à quatre places de moi ceinture mon assaillant.

Prodige que de jeter en soute le fantôme qui sous-tend mes lignes.

De mon papier et mes pensées, aimés, quand bien même elle ne les happe qu’au détour d’une heure, elle en fait des collages. M’accotant à son regard, celui-ci m’invite à dériver dans mes courants et à river mes yeux sur le feu sous tente, d’où s’envole la paisible fumée du Mouvement. Soupant de mes rêves, elle n’a fait qu’allumer les brasiers au milieu de moi. Mais faire des signaux du feu qui me consume, et incarner l’ancrage à mon goût pour ce qui est mouvant : une prouesse, d’une subtile rigueur.

Décibel allemand couvrant le chant de mon apôtre passé, le cran me manque-t-il de saisir notre instant ?

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Vulnérabilistan

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