Le sourire va plein Est (I) – Œillades

Mes pensées, dans un survol sans ailes

Sont à attendre de partir loin,

S’accrochant en caractères, frêles.

 

A la lettre, attachés mais confus,

Frileux du sifflement de l’appeau

Ils emportent ce qui est perdu.

 

Mais ce son distant, glacial et sourd

Distance l’apaisement des lignes ;

Ses stances avancent si rectilignes,

Qu’il impose à mes mots son séjour.

 

Fantôme : l’impôt dont s’acquitter.

Quitter, partir, fuir mon inertie.

Ecrivant, je me vois observé !

Ces lèvres… Le départ qui me sourit.

 

Trop plein d’émotions et de statique. Je suis sur le point de prendre mes distances avec mon bocal de l’Ouest.

Excité d’éloignement géographique, survolté de perspectives intérieures : préoccupation centrale.

L’Europe s’ouvre et, dans mon élan, je frotte les bordures d’une barre de sons à la source éteinte mais qui teintent encore, au loin derrière, au loin devant.

Loi des sentiments, table qui ne peut être ni brisée, ni renversée. Sablier qui ne s’écoule qu’une fois, sable sous lequel s’oublier, et dont mon enveloppe est remplie autant que des lettres d’un prénom.

Ce remou d’une foi éternelle se voit succéder par la voie du Mouvement : mon attention frétille aux œillades de cette fille.

L’Allemagne me sourit, l’Allemagne me voit m’envoler vers elle, ravie.

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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