Le seul péché, c’est d’avoir peur
Le violet c’est aussi
La couleur des coups du jour
La violence en si peu de choses
Et ces temps-ci comme il y a cent ans
S’étend ici ou là sous les veines des Hommes
Cette antique couleur de fin
Sémantique du soir, où le repos ne vient pas
Car aucun repas ne remédie cette faim
Cette oscillation des espoirs
Et le point d’inflexion de l’heure noire
D’où la nuit comme un miroir délicat
Douleur ne nuit pas à l’espoir
Elle lui est couleur et l’affermit
Sous leurs désespoirs, les Hommes
Respirent leur sort et se déportent
Alors des ports ils partent
Au dehors d’eux-mêmes
Dans des inepties qu’ils clairsement
Qu’ils proclament amour alors qu’ils s’aiment si peu
Si peuplés sont les horizons, réels
Mais ils prennent le « si » pour un conditionnel
Se méprennent sur l’amour et la haine
Annihilent l’allégresse par la morale
Et n’y lisent plus que des messes
N’élisent plus mais dépècent du pire
Or c’est ainsi que se dépêchent les empires
Et l’on s’épuise ainsi, dépêchant nos chaînes
Le seul péché c’est d’avoir peur
Or on s’y enlise, conjurant par l’argent
Qu’on jure amour ou tendresse
Qu’on tende à l’allégresse
Et l’autre n’y voit qu’un objet contondant
On entend dans ces mots la faiblesse ou le poids
On objecte la contrainte en dansant
Piétinant ainsi le sincère qui s’éreinte
Car il est rare au labyrinthe, trop rare
De parvenir à ramener un fil argent
Nihiliste on le coupe comme un cheveu
Car on se veut fataliste en noire, on s’émascule
Pour le triste on en oublie l’appendice, qui est joie
Quand du violet sur la piste, de la nuit et ses bascules
On s’appesantissait sur l’espoir, à l’air du crépuscule
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle