Le réseau du rêve - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Le réseau du rêve

Des gouttelettes aux parois

On les dirait tissées par la reine

Tissu de nuit, d’une grande clarté

Drapeau noir d’une lune pleine

Enduit d’eau, réduit de marée

La lune égraine de la gravité

Cette eau de nuit, la chaleur l’a produite

Ici dans la chambre magmatique

C’est une crue de corps, le chant de la candeur

Quand l’inconscient achalande l’abandon

Décrue de contrôle, à la grande heure

Quand l’homme consent, la bande aux étoiles s’agrandit

Consentement comme induit, à la grandeur là-haut

Commencement ou fin je m’en fous : nuit

Un voile opaque au carreau ensemence d’eau

Il commet la magie d’un grand flou

Agitant la chaleur produite

Pour que louche le grand-œil si doux

Elle agit tant mais jamais redite

Elle touche au rêve et goutte au carreau

La messe n’est jamais dite car…

Pleine, à demi ou au quart

Elle amène un renouveau sans phare

Je traîne à démêler ces eaux sur l’oreiller

Je veux veiller mais la reine s’empare

De mon sang, mêlant sa face pleine à mon sommeil

Et je n’ai plus l’élan pour faire face ou résister

Elle me lance à nouveau vers le fond

Je ne suis plus qu’un corps, veillé par un carreau

Car au travers de la vitre, alors

La lune initie des marées, à revers de l’esprit

Et je lâche prise car tel est le prix lunaire

Pour que s’immisce ici la sensation amie

Amalgamation à plein au quart ou à demi

A demi-souffle je cale et respire à plein

L’esprit à fond de cale, essoufflé par le spectacle

Je ne suis plus qu’un réceptacle lumineux

Alors je réceptionne, et questionnerai plus tard

Les lueurs que la nuit insère

Ou le noir dans lequel mon rêve se sert

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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