Le 2 octobre

Toute date est anodine

Jusqu’à ce qu’un jour…

Jusqu’à ce qu’un jour devienne unique

Date tout à coup mythique

De ce qu’on parte, de ce qu’on partage

Comme un deux d’octobre qui emporte

Jour doux et sobre, à la jonction des saisons

Commun à quiconque, comme une respiration

Mais si comme un garçon, tu pars

Comment une respiration pourrait-elle t’être commune ?

A la jonction des saisons, des cycles qu’on engage

De ce que tu pars, de ce que tu partages

Décision d’il y a dix ans, de te laisser emporter

Et puis de patauger, de trébucher

De t’affaisser ou de blesser par tes colères

De se blesser soi, dans ces soubresauts d’influx

A s’en traiter de sombre sot, dès le lever de cils

Mais ne plus baisser les yeux face aux grands idiots

Qu’ils soient gradés ou gras du bide, ne pas se défiler

Résolution : regarder droit dans les yeux en crue, faire face

Car « on n’est jamais trop cruel avec les imbéciles »

Ne plus te défiler, défie les lois de leurs absurdités

Puis éloigne-toi, défais les fils de tes sutures

Ne t’assure que d’être résolu, mais surtout pas certain

Tu n’es ni une rature ni un problème

Sois résolu, prêt à emboutir le futur

Sois insoluble à ceux-là qui voudront te raisonner

Ne te résous jamais à te résigner, à aboutir

Ne te résigne pas à croire qu’ils ont raison

Sois sûr de ne pas te résoudre à leurs insignes

Garçon, fille ! Sois-leur dissolution

Ne suis que ta poudre et tes signes

Avec cette date pour pied de vigne

Ne suis pas, piétine, n’avance pas, chemine !

Toute date est anodine, jusqu’à ce qu’un jour

Jusqu’à ce qu’un jour, la nuit !

Et la Lune qui opine, et le feu à ce qui t’opprime

Par le noir fais des ruines de ces oppressions

Fédère en toi et autour, l’optimisme et l’espoir

Que les poisons enterrent les poids des dominations

Fraternise avec ceux qui y croient, sororise avec les étoiles

Irisez-vous ensemble sous les feux de Lune

L’espoir est une croix sur une carte

L’espoir en toi ou en vous n’est pas un art mort

Mais trésor

Pas plus que la Lune n’est astre mort

Mais un métronome

N’ayez pas de remords à brûler de son feu

N’écartez pas l’ébriété de ses marées

Soyez la morsure, que vos vies soient le grand foyer

La Mort compte sur vous, pour l’accompagner

A faire les fossoyeurs exaltés de ce monde sans partage

Dans ce monde des comptes, tu pataugeras

Devant ces brailleurs à petits grades, tu fléchiras

Dans la ronde tu te sentiras seul, à en plonger

Puis tu réfléchiras, les lueurs à la nuit

Et l’apogée te répondra, que tu n’es qu’esseulé

Casse alors les mots de ceux qui veulent te fondre

Passe alors par tous les vices, leurs émotions

Dévisse s’il le faut, dans ce que ceux-là appellent folie

Quand la folie serait de ne pas croire tes émotions

De penser que leurs commotions causées surpassent l’espoir

Et toute date est anodine, jusqu’à ce qu’elle repasse

Qu’elle cause à ton inconscient et te redise…

Sois résolu, irise-toi 

Sous l’invective et l’intense conviction

Ce sol est tien et à tous ceux qui le perçoivent

L’espoir se voit en vous : il se matérialise

Au soir d’il y a dix ans, d’une date toute anodine

Garçon, fille, à l’instant ou dans cent ans

J’aimerais t’être instinct, te pousser au crime

Celui d’espérer pour tous, et toi, un porvenir

Te parvenir à travers temps, comme une lettre anonyme

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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