La voix, la sirène - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

La voix la serine, la voilà sirène

La voix la serine, la voix la serine

Hymne à feu, à sang

Hymne absence, à feu

Hymne aphone, à sang

La voix la serine, la voix la serine

Une île de silence, la voix la serine

A feu et à sang, la voix la serine

La voilà sirène, la voilà sirène

La voilà reine du silence

 

C’t’un chant des sirènes, inversé

Mais qui dans l’désir verse et…

A désir sa bouche

A désir ses mains

A désir une planche

Ou d’nos îles de hanches

Et on débouche sur rien d’sûr

On déboucle nos ceintures

Combinaison d’corps

Deux saisons pour décor

Plage ou oraison

Horizon ou plus qu’une page

On plume une agitation

D’encre ou d’vagues

Qu’les vagues soient désir ou ancrent hier

Qu’le vague soit d’silence ou meurtrier

L’air vague ou Agu’ déferlante

Des fureurs du désir

D’nos hanches, nos îles

Ou défaire lentement la ferveur

De dos, la planche brisée ou en sang

La persévérance est d’feu mais des fois

On s’perd et c’est l’errance, des voix

La voix du silence est d’désir parfois

Comme deux îles s’renversent

Ou bien homme et elle, s’dispersent

Lien d’une femme et il, y s’disent plus

Y s’sont plus mais la pluie du temps qui passe…

Les voix du silence n’sont plus pénétrables

D’un genre si différent, si lancinant

D’un genre sirène, j’y suis plus imperméable

 

La voix la serine, la voix la serine

Hymne à feu, à sang

Hymne absence, à feu

Hymne aphone, à sang

La voix la serine, la voix la serine

Une île de silence, la voix la serine

A feu et à sang, la voix la serine

La voilà sirène, la voilà sirène

La voilà reine du silence

 

Dans l’arène du si loin

Dans la ruine du silence

Dans l’silence on ira d’main

Dans l’silo des souvenirs ?

Dans l’sillon des soupirs, du feu

Dans l’sang des minuits qui surprirent

Dans l’feu qu’nos corps-nuit surent prendre

Le feu et l’sang surent avoir prisme mais

La surprise fût des vagues, qui avalent

Qui dévalèrent en nous, à feu et à sang

Qui nous avalèrent, d’un sel cavalier

Aucune étincelle n’erre sous l’eau

Sous l’eau y’a qu’l’horizon des sirènes

Seul le silence pour horizon sonore

De ces chants qui laissent sans Nord

Ceux dont la messe était corps et mieux

Dont l’allégresse était corail ou d’un silence classieux

Quand les grosses voix des vagues me braillent

C’qu’une plaie à feu à sang béante

C’qu’une plaie baille de non-sens

A la baie on s’plut, oui là-bas

Et la baie me hante

Comme la déferlante des vagues sur nos vitalités

Nos vies qui s’allaitaient d’désir

Comme la déferlante du vague, en rivalité

Nos vies qui s’alitaient, deux îles

Le désir n’est pas science, n’est pas sens

Le silence est d’une stridence sous-marine

Et sous ma rime y’a plus qu’dissonance

A la dissidence des temps, d’ces danses sur l’eau

D’ces danses à même la peau,

Beau théorème d’un dernier soir

D’ces danses à même la peau,

A feu et à sang, dans d’ces anses vulnérables

Dans d’ces danses quand j’ai vu l’nous arable

Dans d’ces densités fertiles, à feu à sang

Un feu bon à faire île

Un sang à bondir en elle

Puis l’île ou elle s’font sirène, si lancinante

Il la hèle mais la reine dit désolée

Non la reine ne dit plus rien, des eaux légendaires

Ou alors si, la reine des eaux dit

La reine dit silence déjà

 

La voix la serine, la voix la serine

Hymne à feu, à sang

Hymne absence, à feu

Hymne aphone, à sang

La voix la serine, la voix la serine

Une île de silence, la voix la serine

A feu et à sang, la voix la serine

La voilà sirène, la voilà sirène

La voilà reine du silence

 

Jean-Marie Loison-Mochon

A feu et à sang

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