La voix la serine, la voilà sirène
La voix la serine, la voix la serine
Hymne à feu, à sang
Hymne absence, à feu
Hymne aphone, à sang
La voix la serine, la voix la serine
Une île de silence, la voix la serine
A feu et à sang, la voix la serine
La voilà sirène, la voilà sirène
La voilà reine du silence
C’t’un chant des sirènes, inversé
Mais qui dans l’désir verse et…
A désir sa bouche
A désir ses mains
A désir une planche
Ou d’nos îles de hanches
Et on débouche sur rien d’sûr
On déboucle nos ceintures
Combinaison d’corps
Deux saisons pour décor
Plage ou oraison
Horizon ou plus qu’une page
On plume une agitation
D’encre ou d’vagues
Qu’les vagues soient désir ou ancrent hier
Qu’le vague soit d’silence ou meurtrier
L’air vague ou Agu’ déferlante
Des fureurs du désir
D’nos hanches, nos îles
Ou défaire lentement la ferveur
De dos, la planche brisée ou en sang
La persévérance est d’feu mais des fois
On s’perd et c’est l’errance, des voix
La voix du silence est d’désir parfois
Comme deux îles s’renversent
Ou bien homme et elle, s’dispersent
Lien d’une femme et il, y s’disent plus
Y s’sont plus mais la pluie du temps qui passe…
Les voix du silence n’sont plus pénétrables
D’un genre si différent, si lancinant
D’un genre sirène, j’y suis plus imperméable
La voix la serine, la voix la serine
Hymne à feu, à sang
Hymne absence, à feu
Hymne aphone, à sang
La voix la serine, la voix la serine
Une île de silence, la voix la serine
A feu et à sang, la voix la serine
La voilà sirène, la voilà sirène
La voilà reine du silence
Dans l’arène du si loin
Dans la ruine du silence
Dans l’silence on ira d’main
Dans l’silo des souvenirs ?
Dans l’sillon des soupirs, du feu
Dans l’sang des minuits qui surprirent
Dans l’feu qu’nos corps-nuit surent prendre
Le feu et l’sang surent avoir prisme mais
La surprise fût des vagues, qui avalent
Qui dévalèrent en nous, à feu et à sang
Qui nous avalèrent, d’un sel cavalier
Aucune étincelle n’erre sous l’eau
Sous l’eau y’a qu’l’horizon des sirènes
Seul le silence pour horizon sonore
De ces chants qui laissent sans Nord
Ceux dont la messe était corps et mieux
Dont l’allégresse était corail ou d’un silence classieux
Quand les grosses voix des vagues me braillent
C’qu’une plaie à feu à sang béante
C’qu’une plaie baille de non-sens
A la baie on s’plut, oui là-bas
Et la baie me hante
Comme la déferlante des vagues sur nos vitalités
Nos vies qui s’allaitaient d’désir
Comme la déferlante du vague, en rivalité
Nos vies qui s’alitaient, deux îles
Le désir n’est pas science, n’est pas sens
Le silence est d’une stridence sous-marine
Et sous ma rime y’a plus qu’dissonance
A la dissidence des temps, d’ces danses sur l’eau
D’ces danses à même la peau,
Beau théorème d’un dernier soir
D’ces danses à même la peau,
A feu et à sang, dans d’ces anses vulnérables
Dans d’ces danses quand j’ai vu l’nous arable
Dans d’ces densités fertiles, à feu à sang
Un feu bon à faire île
Un sang à bondir en elle
Puis l’île ou elle s’font sirène, si lancinante
Il la hèle mais la reine dit désolée
Non la reine ne dit plus rien, des eaux légendaires
Ou alors si, la reine des eaux dit
La reine dit silence déjà
La voix la serine, la voix la serine
Hymne à feu, à sang
Hymne absence, à feu
Hymne aphone, à sang
La voix la serine, la voix la serine
Une île de silence, la voix la serine
A feu et à sang, la voix la serine
La voilà sirène, la voilà sirène
La voilà reine du silence
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang