La ville immédiate

Ce ne serait pas une parodie que de jouer à dire

Qu’il y aurait comme au rythme de ces jours, la ville immédiate

Aura d’énergies, d’appétits me dévorant

Est-ce que petit à petit, toute la vie j’ai cheminé jusqu’ici ?

Jusqu’à cette pente ascendante, à me faire cendre et sang d’encre

Pour sentir en ce territoire détruit, reconstruit, rejoint, quitté, retrouvé

L’ancrage en réponse à l’exil de racines

Des jeux multiples de trois zones déjà s’additionnant en moi

Action des montagnes, des vagues, des forêts

A m’en faire des montages en pensées mais peut-être pas si vains enfin

Je ne peux pas aller vers un lieu : passivement

Un lieu est une passerelle vivante et cette ville est immédiate

Tu comprendras, toi, dans mes redites avec tes langues et pays

La profondeur de certaines terres s’épaissit

Et là aussi tu saurais ce qu’est plonger ses racines dans les veines

De petits mondes à part du monde, toi anciennement sylvestre

Ici d’un port et d’un infini à la ronde

De la rade à plus loin, de l’horizon à plus rien

Que ce que couvent les yeux, tournés autant vers en dedans

Je ne sens pas de dédain de la part d’ici

Je ressens le dédale mais rien d’invincible ou d’asphyxiant

Ou si d’invincible, alors, cette énergie qui me parcourt certains jours

Que je me prends à jouer jusqu’à ce que tout s’éteigne et même au-delà

Dans des diatribes de crépuscule, d’étoile me rendant minuscule

Dans cette ville en moi gigantesque, et immédiate

Jean-Marie Loison-Mochon

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