Dans mon carquois
Il y a des temps où je t’ai perdue
Tu m’en as parlé : par du feu solitaire et nébuleux
Qu’il t’est nécessaire de t’isoler, t’évader
Même si pas forcément percluse
Il se lit des choses dans le silence, et parfois aucune aussi
Notre faille principale, à toi, moi, est notre principale force
L’évanescence, aussi : s’évader sans demander son reste
Il est étrange cela dit, entre deux évanescents
De se fuir ou s’éviter, quand aucun n’est à chercher
A capter ou inonder, or !
Il est des temps où je t’ai perdue
Et d’autres où je suis parti du jeu aussi
Ecrire tant qu’on le peut et revenir tant qu’on le veut
Nous sommes un même paradigme de parts d’ombres
Certains remparts habités, certaines ruines désertées
Des heures d’une innocence à préserver
A celles du désir que l’on part vivre ailleurs
Nous ne pouvons être comparés
Parfois nous nous trouvons coupables ou accaparés
Et pourtant sous la même coupole, du ciel
A zébrer les airs de battements de cils et pensées
Se savoir au loin, au large, dans les terres ailleurs
A ferrailler avec d’autres réalités, à faire alliance avec d’autres entités
Qu’elles soient humaines, intérieures ou célestes
Et par ces mots je célèbre cette liberté, cette vacuité
Parcelle au fond de ma main, qui t’est destinée
Passerelle ou pont dont peut-être un jour tu sauras t’emparer
Dans une destination, qui sait, qui ne sera pas celle que je lui avais imaginée
Mais de mon énergie majeure, la voilà
Et crois-moi tout agit, je n’en ai pas la voix lasse
Non, comprends bien que je vois là ces tissus d’invisible
Qui un jour peut-être se feront collision
Dans les teintes d’un futur où une étreinte sera possible
Et quelle qu’en soit la nature, quelles qu’en soient les ratures passées ou à venir
Je n’ai pas une flèche de crainte dans mon carquois
Juste celles de l’intense, et du paisible
Jean-Marie Loison-Mochon