La taie réveillée

Ecourter ou négliger ouvre des brèches

Le cours des jours s’en verra impacté

Des failles de conscience, de mémoire sous inconstance

Si le sang ne repose pas au fond des océans

Les sirènes appelleront à l’heure de leur choix

Alarmantes d’implosions soudaines

Aux séances de torture je me promets

Impôts sur le manque, le non-respect

Des engrenages du temps par la mécanique des minutes

Qui se ferait plus longue que les heures

Qui lèseront de tremblements, de clignements, de frissons

Des frictions électriques ouvrant la porte au diable

Ces heurts-là pèseront avec une sensation d’irrémédiable

Quand, au délire du rêve, je me suis arraché

Pour le cauchemar tout sauf sensuel d’une nuit abrégée

Perturbée par les cris, les jugements indus

Il est ici une industrieuse machinerie, où piégé

Les canaux du moderne, l’écart de nos mondes

Ont monté tout un édifice en moi, conique et profond

Commettant des iniquités, ne modérant pas les non-sens

Et l’on tait, et l’on aurait dû taire, et non

Et l’éruption se prépare, de grondements insensibles

Et la taie n’en a rien absorbé, la terre ne va pas s’en résorber

La terre intérieure va hurler, étouffante de cendres

Et tout fendre d’ici quelques heures subies

D’une fatigue aggravée de poisons, de rien de sublime

Par erreur mienne d’être tombé dans tes fureurs tout sauf fortuites

Imparable ; et l’amorce au corps se déclenchera, subite

De ce que je n’aurai pas écourté, que j’aurai négligé

Ces brèches qui s’ouvraient entre nous

Que silencieux j’aurais dû enjamber

Jean-Marie Loison-Mochon

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