Échiquier d’un instant

Dans la ville ennuyeuse, des plaques soudainement

Celles qui sous-tendent nos peaux, émotions, mouvements

Se sont rencontrées, se sont retrouvées

Elles ont fait le tour de la Terre, à revers du temps

Et dans la ville ennuyeuse, se sont enlacées

Les passants, comme souvent, ne songeaient pas aux profondeurs

Empressés de s’amasser dans la rugueuse frénésie

De l’humain par lui-même dépassé, quand pourtant

Les plaques ici se sont percutées

Manteau blanc, manteau noir, pourtours d’une aura antique

Acclamés par personne, que la clameur des voix des bus, des trams

Et l’amertume dans des renversements et élévations

A l’anarchie des conséquences à venir, des brumes à moudre ou modeler

La paire en transhumance dans l’instant

A l’angle, dans une instance de futur ? un A noir

Sur un cœur rouge, fer ou tatouage sur une symbolique immense

Et la fille du volcan, et ce chat noir près de son éponyme

Un appeau, un hymne aux tremblements imperceptibles

Le temps toujours se rend en des goulots d’étranglement

Les moments de ce rang sont des coups lourds et légers

Quand étrangement, du subtil le renouveau pourrait émerger

Montagne au milieu de la ville ennuyeuse, migrante et volcanique

Ce qui sous-tend les durées reste un secret pour ceux qui ne les vivront jamais entières

Et le tiers de cette friction est-il naissance, écho, fulgurance

Déliquescence opérée, quand dans les parages de ces bras

Le ciel appelle, appelle, aspire à l’apparition d’une cime

Des lieux, qui sans se dire rien, d’apparence sur ce sol plat

Se carrossent qui sait, avec application, l’infime esquisse d’un relief

Dont d’autres frictions de ce coefficient pourraient révéler l’ampleur

Sous la magnificence d’une éruption

Jean-Marie Loison-Mochon

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