Îles en fuite

Il faudrait toujours se méfier de la terre qui dort

Sous mes pieds, qui m’observe ?

Sans mes fers, je sens la saveur du vide et du libre

Mais il est une énergie, qui est à m’épier

Eloge ici au naturel, à l’instinct ; à l’instance ?

D’un jaillissement : d’une présence trépassée

Elle loge en mes veines, elle instille du sensible

De l’ébahissement, il en fût, de l’étourdissement

Les fantômes sont des îles en fuite

Et que l’on sente que l’on en est cible

Ou que le sentier nous fasse soudain les traverser

On ne fait que sauter vivant dans l’invisible espace

Et la terre sous mes pieds mesure mon ampleur

Le fantôme aussi sanglote, il est près d’ici

En pleurs, pour une approche prédictible

Reste à savoir s’il sera inoffensif ou en prédation

Au bestial je suis préparé, les veines de sous la terre…

Ces allées sont pleines d’une rage qui ressemble à mon sang

Et de la chaleur qui ressemble à celle de mon amour

Ma peau halée d’obscurité chasse le revenant nocif

Mais l’impulsif élan des environs imprègne mon décor

Et je sens déjà monter des failles, cette vérité d’avant

A me la dire en avance, ayant lu déjà les artères au sol

Qu’il fallait toujours se méfier de la terre qui dort

Car le déluge guette au-dessous

Reste à savoir si ses gouttes seront délicieuses ou délétères

Jean-Marie Loison-Mochon

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