La profondeur des ondes
Quelles sont les ondes autour d’une cime ?
Quand l’issue s’enflamme et que le feu monte
Nous convergeons sur cette hauteur
Délaissée, béante mais active encore
Dans les sens de la terre, que saurai-je lire ?
Quelles interférences rodent et rivent mon attention ?
Sur du trop instable et des contours fragiles
Par intermittence j’entrevois, puis tout s’assombrit
De questions, de projections avortées : scories
Je me heurte à des parois, sur des sentiers viciés d’air
Je crains qu’ils ne soient vicieux
Je n’ai pas peur, tenu par mon élan
Mais je ne feins pas l’appréhension ni ne vais me jeter
Dans la fosse sans balancer d’un minimum d’instinct
Et si possible d’intelligence, si la nature des choses le permet
Dans la turbulence tellurique de cette cime nôtre
Je suis l’incandescence autant que ce qui y git, imperméable
Cette fois, je ne serai pas étourdi par l’air
Il n’est aucune poison qui puisse agir et me tromper
Du feu dort encore là-dessous, je l’aperçois
Mais le temps l’est-il lui aussi, au fond ?
D’or, ou d’effusions majestueuses
Quand bien même d’argent, comme une lune fastueuse
Mais je doute, et redoute, à jouer dans ces travées
Que la main du passé ne refasse surface
Et qu’elle ne cherche à nouveau l’enfer : se fasse tueuse
A maintes reprises j’ai donné à ce monde flamboyant
De quoi illuminer une nuit d’infini
Et donné à peindre des tableaux mystiques
Tout cela dans un corps immense et endormi
Que je me suis proposé dans ce latin commun
D’éveiller pour qu’il en surgisse le plus ardent
La joie
Or, de retour à roder autour de cette cime, oui
Je redoute l’ajout d’une couleur de trop
Ou d’un coup qui tailladerait le tout
Jusqu’au couloir de ma vie
Alors pour l’heure je ne parade pas mais vagabonde
A la cime, armé de vigueur et lucide
Cherchant à effleurer la profondeur des ondes d’ici
Au-delà des maux et des larmes, le sens
Du passé, les plus alarmantes interférences
Jean-Marie Loison-Mochon