Jour Un – Tintamarre à la basilique
Surélevé, tout au pied d’Etienne,
Depuis mon papier, je vois s’écrire
Deux partitions, par des musiciennes.
Guerre où, de haute lutte, s’affrontent :
Une bande sur une scénette,
Et un fronton grave de la fonte.
Bannis poésie et liturgique,
Je m’en explique : ni luth, ni cordes,
Sauf aux cloches, cors évangéliques,
Mais désaccords, passants qui se tordent.
Le beffroi retentit hors délai,
Tout par-dessus les percussionnistes,
Non-repentis des entrées en piste.
Cru : ils n’y vont pas qu’au petit lait.
Tintamarre sur la Saint-Marc de l’Est.
Il n’est ni heure ni demi, et pourtant, la basilique tonne. Comportement hongrois que je ne connais pas ? Il n’est ni heure ni demi, ni buveur plus chantant que sur la petite scène de ce groupe.
Leur rythme est saccadé, un peu comme celui de mes vers. Il zigzague, il titube. Et ça les fait marrer ! Ceux qui les écoutent, aussi.
Une française sur la même terrasse que moi me sourit et me fait le signe sans équivoque : le poing porté au nez, qui tourne. Oui, il semblerait, en effet !
La proximité des serveurs leur a fait tourner la tête, à l’orchestre. Avec ça, ils évoluent (ou évobuent ?) dans un registre moderne : des reprises de succès du moment.
Cela déplaît pas mal à Etienne, qui a donc décidé de couvrir tout cela de sa gamme classique et monocorde.
De mon côté, je joue des yeux sur la terrasse, et il s’y trouve un ou deux autres tableaux amusants.
Allant rester, pour conserver ma lancée, je commande un cocktail librement inspiré (du sel près de l’océan) de cette chanson et de ces paroles qui disent « je me suis assis face à l’océan, où je bois une potion pour te faire disparaître ».
Mon fantôme en rigole comme de la fanfare, et en commande un aussi.
Jean-Marie Loison-Mochon
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