Jour Un – Insouciance
A Deàk Ference, élan de tendresse.
Deux vingtaines cumulées s’enlacent,
Sans se lasser de leur belle ivresse.
Corps effilés, dans un face à face,
Ils plongent dans leur songe envoûtant
Sans songer au retour en surface.
Printanière allure d’été,
Binôme en un concert d’éclosion,
Baume aux cœurs les plus déconcertés,
Que sont ces baisers à profusion.
Sur la pointe de ses ballerines,
Elle projette son corps et s’élance ;
Son Excellence poursuit, taquine,
Sans bruit, le mouvement de leur danse.
Dans les rues de Budapest, où l’essaim-masse éteint le goût d’être seul. On ne s’y sent même pas « un », alors à quoi bon être deux ?
Ou, comment même être deux ! C’est cette leçon que me donne la tendresse bridée que je vois dans tant de ces couples qui se tiennent la main.
Tout est confusion : être seul veut dire n’être pas assez, être ensemble veut dire… Je ne sais plus. Être seul s’entendrait comme d’une souffrance, être à deux s’entendrait comme d’une libération. L’oppression de la solitude, dont délivrerait le couple.
Un couple, c’est deux éléments, pourtant. Moi, je ne vois que demies, ou des quarts, qui s’assemblent ; alors je préfère me saouler au bar, ou monter la garde auprès de mon cœur, bien à l’écart.
Confusion généralisée, quant à interpréter ce qui est régression, ou progression.
Pour moi, l’évolution n’est pas celle qui se décline partout dans les rues de Budapest : mono-binômes de tendresses bridées. Déclin.
Ces deux corps insouciants sauvent la mise. J’accepterais presque d’y croire.
Jean-Marie Loison-Mochon
Vulnérabilistan