Jour Un – BB
Un bis pour « Bisous », un B doublé.
Des baisers refusés de bon cœur,
Ces seins sont de trop vieux séducteurs.
L’autre vêtement écrit « amour »
Sœurs de tissus à la piété feinte
Demandant pitié pour une étreinte.
Don d’amour ? Je suis indisponible.
« -Dis mon p’tit, tu veux don’ pas m’choise ? »
Des sueurs froides quand je les croise…
« -Non ! Un ogre n’est pas comestible.
Aucun besoin de reproduction ! »
BB craignait pour mon extinction.
Au loin, des ogres, je parierais
Qu’on peut en recenser des paquets.
J’ai bien cru avoir été suivi et poursuivi ! Du Nord-Ouest de la ville un peu plus tôt, BB a rappliqué dans mon regard pas bien loin d’Etienne, avec son amie.
Je me faisais du souci pour rien ! Leur envie était en fait une simple volonté de perpétuer l’espèce.
Mais des ogres, il y en a bien ailleurs ! Peut-être même qu’un jour, y en aura-t-il tout un pays. Un autre état que celui de l’immatériel et son jour écoeurant. Il lui faudrait un étendard ! Une devise ! Un hymne ! Un chant de l’ogre. Déjà, mes vers sont une ode à l’ogre : désordonnés, aux sonorités excessives, entêtées dans la perpétuation de leur mécanique, autant qu’est insatisfait leur appétit. Resterait à trouver le territoire… « Sans arme ni violence » comme dirait l’autre, qu’il faudrait en conquérir un.
« A l’âme et à la Providence », pourquoi pas. Un bel arsenal déjà, pour qui sait choisir dans cette armurerie.
Ogristan ? Ogrolie ? Ah ça non, BB. Ogristan ? Ogristanie ? Ogristanie ! Pourquoi pas. Un pays d’ogres, quel idéal ! Je divague.
Dans la rue, non loin de Széchenyi, je croise ce jeune couple qui se tient par la main. Ses seins donnent encore dans le français : « ADIEU ». Le garçon à l’air emprunté, qui l’accompagne, est-il en fin de bail ? Ces rencontres auraient du sens, mais alors près de l’île Marguerite[1]. Bisous, amour, adieu. Un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout.
[1] Margit-sziget, île du Danube.
Jean-Marie Loison-Mochon
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