A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

J’la rattrape au château d’ses peurs

Au château c’soir, pas d’levier

On s’attaque au noir, mouv’ment premier

A chat tôt ou tard on joue, on perd

A chat tôt c’soir, j’nous sens perdus

A chat tôt ou tard on s’perd

Au château c’soir, j’nous sens perdus

J’nous sens perclus, passer inaperçu

J’nous sens perdus, pas d’levier

Pas d’levier, pas d’issue

Pont-levis rel’vé, j’passe inaperçu

On l’vit enlevé l’lit

Là on l’vit sans embellie

On s’emmêle : y faudrait être deux

Or même si j’suis au creux du V,

J’résonne vide

J’aurais même beau la ceinturer,

J’résume vite

Ça s’résum’ra vite à exhumer l’chaos

Chat noir avide au château, p’t-être

Chat noir a vu persienne plu’ que f’nêtre

Là c’soir j’la fais pas sienne,

Ma fougue

Pas d’foudre, pas d’faille, j’l’assiège pas

Sa fente

Pare-foudre, pagaille, elle assise sur moi

Et j’incise mais on s’évente

Et j’insist’rai pas ! ça… peut pas prendre

Ainsi l’trépas, y’a… plus qu’à s’pendre ?

Ou attendre ses pores, à c’minuit d’décembre

 

Sur cette route c’est… porte-close

Tout y aurait un… goût d’nécrose

Car ses doutes nous ankylosent

Car l’désir n’écoute que ceux-là qui s’osent

Oui que ceux qui s’y exposent,

Pour qu’il éclose

 

Alors attendre ses pores, à c’minuit d’décembre

Pour atteindre les corps, à la nuit des cendres

A s’teindre de peur, y s’pourrait qu’on s’perde

Mais on s’porte, encore un peu, dans la nuit

Qu’on s’emporte, encore un peu, loin en nous !

N’exportant qu’le libre, l’accord

N’important qu’la fibre, l’essor

Qu’le soir prenne importance

Par fibre noire et volatile

Qu’elle soit vol hâtif ou voie lactée

Qu’elle soit voie tactile, feu abrasif

Un abrazo, même évasif ?

Jamais acte illusoire

J’aim’rais qu’ça s’invective ce soir

J’aim’rais sa saveur la plus lascive

Alors j’m’armerai, j’en f’rai ma cible

Oh je sais, y’aura rien d’facile

Mais qu’on s’soit tactile, feu abrasif !

En mis brazos, qu’elle amerrisse ce soir

M’reste à hisser un château dans l’ciel

M’reste à sceller c’qui du désir s’dépliss’ra

Des puissances qui s’déplient

Sans prévenir

Des puits qui s’ens’mencent,

De sang, d’désir

De son désir, j’aimerais

Dans son désir j’m’emmure

J’murmure rien car… porte close

 

Oui sur cette route c’est… porte-close

Tout y aurait un… goût d’nécrose

Car ses doutes nous ankylosent

Car l’désir n’écoute que ceux-là qui s’osent

Oui que ceux qui s’y exposent,

Pour qu’il éclose

 

M’reste à sceller c’qui du désir s’dépliss’ra

L’Ouest accélère sa course en nous

Pour accéder à d’main, j’veux la joie

J’veux la prise et lâcher

La chérir à c’qu’elle s’en grise

Et l’chétif qu’on s’soucie pas, actifs

Qu’on s’soucie pas d’le briser, brimer

N’est-ce pas c’te brume, qu’elle veut ?

C’te brume qu’il faut, à ses feux ?

Assez forte et dense, pour qu’ses forteresses

Qu’sa place forte s’encense, à l’allégresse

Qu’ça s’y incendie, des pores aux sens

Mais l’tour d’passe-passe ne porte pas encore

A son sang pas d’tour, pas d’spasme

J’me veux pas cavalier ni stratège

Un soupçon d’trop, et d’pas assez

J’ai pas l’patron d’ce tissu ?

J’suis pas poltron mais j’veux pas c’pouvoir

J’veux plus nous voir, sans échiquier

J’veux plus nous voir

En bataille d’électrons

J’veux pas nous voir

En ébats taille-patron

J’veux qu’le noir et l’déroutant

J’veux la déroute en tout, à ses portes

Alors j’écoute en attendant, la portance

La faille à ses pores, cachée

Qu’à chat tôt ou tard

Bataille de chats noirs

Qu’à chat tôt ou tard

J’la rattrape au château d’ses peurs

 

Mais sur cette route c’est… porte-close

Tout y aurait un… goût d’nécrose

Car ses doutes nous ankylosent

Car l’désir n’écoute que ceux-là qui s’osent

Oui que ceux qui s’y exposent,

Pour qu’il éclose

 

Oui sur cette route c’est… porte-close

Tout y aurait un… goût d’nécrose

Car ses doutes nous ankylosent

Car l’désir n’écoute que ceux-là qui s’osent

Oui que ceux qui s’y exposent,

Pour qu’il éclose

 

Jean-Marie Loison-Mochon

A feu et à sang

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