Comme une larme d’essence
Comme une larme d’essence
Est-ce la r’descente ?
Tes joues ont l’art des pentes
Elles me déjouent et
J’en suis pantin
J’leur veux des joies mais
J’n’en suis pas l’jouet
J’te fuis pas mais j’vais
Mais toi tu m’mets tes ch’veux
Tu m’suis et m’veux ?
Crois-moi j’voudrais
J’le r’verrais, ton coup droit
J’pensais pas, qu’on découdrait
J’pensais pas : j’te découvrais
J’panse ta peine ? A l’étreinte
J’prendrais ces plaies, à l’arène,
C’qui gite en toi, t’esquinte
C’qui git au fond d’tes yeux, ta peine
J’m’y jetterais, jusqu’au fond d’toi
Pour qu’tu les désapprennes
J’m’ingénierais mais j’suis pas génie
J’sens ta gêne mais j’nous sens aussi
J’s’rais toi j’aurais pas d’réponse
Mais j’suis moi alors j’dépense ma force
J’me laisse poncer dans c’t’abrasion
Un abrazo, j’me laisse pas d’espace
J’les sens tes spasmes, ces fleurs
Ce s’rait la phase des pleurs
J’leur tends des ponts d’bras
C’long temps, n’est-ce pas :
Qu’on fait plus que s’effleurer ?
Y’a effusion ça t’fait pleurer
Y’a confusion ? J’sais plus penser
Y’a contusion ? J’sais plus panser
A ta peur j’ai pas plu’ d’réponse
J’ai pas plu’ d’réponse que ces pensées
Que c’est passé j’crois pas
Qu’on s’est cassé p’t-être pas
Mais qu’tout ça maintenant, n’est-ce pas ?
Tout ça s’ra séquencé
Les routes sont des veines
Je suis le sang qui les parcourt
Tes joues en sont pleines
J’en suis le sens ce dernier jour
J’essuie l’essence qui coule
En suis-je l’instant, la houle ?
En suis-je l’écho ou l’essence ?
En suis-je les crocs ou la bouche ?
Le sel croque à tes joues
L’eau c’est d’tes yeux, qu’elle débouche
T’es celle qui craque, au quai des coups
T’as pas l’sel comme un hoquet
Mais d’un coup j’te découvre
D’un coup tu m’démets, et t’ouvres
D’un coup mais dis-moi ?
Si tout ça dégorge de toi
Pourquoi tu m’dis pas ?
Qu’en toi j’l’ai c’bout d’décor ?
Si ça t’prend au corps, tout droit
Si ça t’prend presque au cœur, des doigts
Y’a pas à s’empresser, ça s’apprend
Y’a pas à s’oppresser, ça s’désapprend
J’la sens la voix, c’en est désarmant
J’le ressens aussi ton voile, dense et blanc
J’te sens osciller, t’dévoiler
J’nous sens rutiler, densément
On s’est pas d’mandé d’signer
Septembre nous a désigné, un jour
Mais tout jour peut s’dédire et
S’dédier à d’autres joueurs ou joueuses
La joie est libre, sa voie qu’vaporeuse
Mais qui dans la vapeur ose
Va tant pour s’arroser d’pleurs
Que s’arroger d’vraies ferveurs
J’voudrais faire voile vers toi
Mais j’peux pas, t’y es d’jà
T’es d’jà tout contre moi, hagarde
Et là moi j’en ai plus d’garde
J’lutt’rai pas sauf pour t’rencontrer toi
Mais de toi, moi j’le sens monter : droit
Le coup va pour culminer, à la butée
J’te vois lumineuse et triste
Ça pourrait m’laminer, à la butée
J’m’arque boute et veux t’duper l’doute
Mais l’corps et l’cœur maraboutés
Tu vas m’marquer d’un uppercut
Les routes sont des veines
Je suis le sang qui les parcourt
Tes joues en sont pleines
J’en sonde le sens ce dernier jour
Tes joues s’détachent et s’collent
Tu t’attaches mais veux pas m’voler
Dans la plume, et c’est pas c’qu’on lit aussi ?
Ça t’arrache un peu d’colère aussi
Dans la brume, t’accoler à moi
De t’attacher mais pas savoir
Alors s’détacher, ne pas trop s’avoir ?
Mais t’as comme attaché ton corps au mien
J’suis qu’un homme, t’as touché la corde
Une heure à faire somme, une même cordée
C’est l’corps des ombres qui s’forme
Toi l’coup t’déforme la cornée
Entre nous tout est informe pourtant
Ombre ou forme : encore à naître
Moi l’coup pourrait m’perforer
J’y perds mes forces, mes résistances
Au corps à corps une heure, sans résistance
Un abrazo, qu’est-ce que j’y lis ?
Dans mes bras t’élies résidence
Et il dans’ra longtemps c’t’instant
Dans mes pensées, dans nos silences
Si lancinant mais c’est facile de l’écrire
Si lancinant tout sauf facile de l’sentir
Si l’on s’inonde ainsi d’tendresse ?
Si l’on s’irradie, qu’un « si » s’dit allégresse ?
Pourquoi s’faire un monde en tristesse ?
En crisse-t-elle, notre entente ?
En cristal cette étreinte, comme statufiée
J’me sens statue fière et tendre
J’nous sens la lumière, peu d’cendres
Mais décembre a passé cette nuit
Et septembre, harassé ?
C’est d’nuit qu’on s’est parlé
Conséquence imparable mais on s’perdrait ?
J’me veux inconséquence mais ça m’tend
J’te tends les bras, sans résistance
Tu m’tords contr’ toi, avec insistance
J’te sens les bras titanesques
Quitte à être statues, comment ?
Comment défait-on une étreinte telle ?
Elle m’éreinte, elle m’élève, au vent
J’suis fétu, j’ai les lèvres au bord du vide
Est-ce foutu ? on s’délivre ou on se livre ?
Et c’foutu goût d’trop peu qu’ça s’rait
Mais d’ce tropique d’étreinte j’partirai
Aujourd’hui j’goûte au feu
Tes joues égouttent encore d’la peine
C’t’instant va falloir qu’j’le comprenne
Il goutt’ra en moi, sans qu’j’l’apprenne
Tu m’donnes la primeur du théorème
Une goutte de sens, une goutte de flou
Tu m’l’as pris, mon recul
J’repartirai, circuler
Mais ça m’reviendra, circulaire
C’est qu’l’air de l’instant, ça en ruiss’la
Et ça reste là ou ça r’partira ?
J’repartirai c’matin, sous puissance
Quelque part tiraillé entre essence et flou
Quel est c’t’art, quelle est c’t’arme ?
Comme une larme d’essence, en joue
Comme une larme d’essence, en route
Alors à la route j’irai, comme allumé
Comme d’avoir allumé l’essence au « sûr »
D’avoir dérouté mes sens, d’une goutte de rien
D’une larme d’essence, en bout d’chaussure
Et de d’voir dérouler, débouler partout
De d’voir emballer l’allure pour n’plus penser
Pour qu’la lecture d’c’t’instant s’fasse à froid
Pour qu’l’allure et le vent tassent le feu
Pour qu’l’incandescence fasse place
A c’qu’on s’est dit sans le dire
A c’qu’on s’est pas dit, ou qu’en soupirs
Quand sous pyro on se s’ra quitté ?
Ou qu’en soupirs on cess’rait d’douter ?
Les routes sont des veines
Je suis le sang qui les parcourt
Tes joues en sont pleines
J’en suis le sens ce dernier jour
Les routes sont des veines
Je suis le sang qui les parcourt
Tes joues en sont pleines
J’en sonde le sens ce dernier jour
Les routes sont des veines
Je suis le sang qui les parcourt
Tes joues en sont pleines
J’en sonde les chances ce dernier jour
Les routes sont des veines
Je suis le sang qui les parcourt
Tes joues en sont pleines
J’en suis le sens ce dernier jour
J’en sonde les sens ce dernier jour
J’en sonde les chances
D’une échéance qui gronde
Par l’incandescence d’un monde
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang