Je vais chercher le soleil
Je vais chercher le soleil !
Nichés dans cette crique, nous sommes introuvables. D’inhospitalières foulées de rochers et je vais chercher le soleil. Se dépêcher de plonger, sans besoin de lui dire de se dépêcher de plonger car déjà elle plonge. Se dépêcher car le soleil lui aussi engage les dernières secondes de son saut. A la brasse les eaux la caressent, elle les presse de la laisser s’orienter, jouer à la course du soleil.
Le cycle plonge
Et ses cheveux épongent l’océan
Deux cycles plongent
Et je veux la voir chercher ce soleil
L’eau circulante, cherche à jauger
A juger de son énergie
Elle oscille conquérante
Émerge ici dans les clapots
L’eau cherche à juger de son énergie
Des berges les clapots capturent
Les reflets énergiques, du cycle qui plonge
Des lueurs ébréchées délurées dans la fin
L’appétit éméché des surfaces liquides
Les quais d’ici sont malléables, de clapots héliotropes
Les clapots capturent mais cette brasse est invulnérable. Brassière de rayons, qui la porte sur les eaux, sur les ors de ce cycle qui plonge. Je vais chercher le soleil ! Taquinerie au ciel, au seuil des vaguelettes que le vent énerve. Et la cime des vaguelettes l’avale, d’un appétit éméché de lueurs. Le cycle qui plonge n’est plus une image, de petits clapots triomphent, du leurre qu’ils me font juste au loin. Dois-je aussi jouer au cycle qui plonge ? Je vais pour la chercher mais n’ai pas besoin d’aller. La crique ne l’a pas avalée : dans la démesure de l’océan, elle s’est amusée du cycle qui plonge. Elle est à la frontière que la côte dessine d’une ombre, elle ressort dans ces rebonds de l’eau, elle s’est lancée comme un sort dans ce plongeon, formulant un vœu à l’ombre de la crique.
Ses cheveux de feu ont brassé des mots dits comme frileux, d’un enchanteur refrain : je vais chercher le soleil ! Et d’un plongeon à la frontière du cycle qui la couvait d’ombre, la côte libère sur elle les couleurs. Elle est à accoster la lumière, comme un souhait. Elle est allée chercher le soleil.
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle