Je pars en moi-même
J’suis volatile comme une toile
Je m’volatilise à coups d’pas, ou d’pédalier
Et sous la voie lactée j’vais
J’vais laper d’la distance, et du sel
A pied ou en selle, ma sueur, des larmes, sexuelles
Sextant brisé, j’établis canal sous lueurs
C’est l’temps d’s’iriser : fanal fou, d’humeurs de vent
C’est si peu prisé d’errer mais moi j’vois l’effet
Alors j’suis volatile comme une toile
De tente, sûr de rien en escargot
J’ai des scories, j’suis pris dans ma spirale
Et j’en souris, de tous ces ris d’pris au spectral
J’m’inspecte pas : j’en suis incapable
Je n’me respecte pas : j’m’enfreins vulnérable
J’m’en vais dans mes confins, sans frein, sous douleur
J’me vois dormir au frais sous inconscient, ses couleurs
Et quand se coud l’heure de l’aube
Quand j’secoue l’heure du crépuscule
Eh bien j’renoue avec une part de moi
Car j’pars en moi-même
Dans ce départ, j’m’essaime sans cesse plus
J’suis vétuste et friable
Mais pas effrayable
Car j’vais frayer dans l’air, même voilé
Car j’suis volatile comme une toile
Et j’me tente, je m’ose
J’m’entête dans les ecchymoses car
J’pars en moi-même, en des genres d’apogées
Apposées là au fond d’l’argent, comme d’éphémères apothéoses
Jean-Marie Loison-Mochon