Je pars en moi-même - Jean-Marie Loison-Mochon

Je pars en moi-même

J’suis volatile comme une toile

Je m’volatilise à coups d’pas, ou d’pédalier

Et sous la voie lactée j’vais

J’vais laper d’la distance, et du sel

A pied ou en selle, ma sueur, des larmes, sexuelles

Sextant brisé, j’établis canal sous lueurs

C’est l’temps d’s’iriser : fanal fou, d’humeurs de vent

C’est si peu prisé d’errer mais moi j’vois l’effet

Alors j’suis volatile comme une toile

De tente, sûr de rien en escargot

J’ai des scories, j’suis pris dans ma spirale

Et j’en souris, de tous ces ris d’pris au spectral

J’m’inspecte pas : j’en suis incapable

Je n’me respecte pas : j’m’enfreins vulnérable

J’m’en vais dans mes confins, sans frein, sous douleur

J’me vois dormir au frais sous inconscient, ses couleurs

Et quand se coud l’heure de l’aube

Quand j’secoue l’heure du crépuscule

Eh bien j’renoue avec une part de moi

Car j’pars en moi-même

Dans ce départ, j’m’essaime sans cesse plus

J’suis vétuste et friable

Mais pas effrayable

Car j’vais frayer dans l’air, même voilé

Car j’suis volatile comme une toile

Et j’me tente, je m’ose

J’m’entête dans les ecchymoses car

J’pars en moi-même, en des genres d’apogées

Apposées là au fond d’l’argent, comme d’éphémères apothéoses

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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