Inconscients - Jean-Marie Loison-Mochon

Inconscients

Suées nocturnes, félin peu habitué

Tu es… tu n’fais rien pour m’habiter

Mais nos jours dans cette urne

Je mets mes joies dans la nuit, j’enterre le diurne

Car le jour m’est terne, j’préfère la nuit

Car j’suis éphémère comme le noir, ma couleur

J’suis pour les lueurs, pas la lumière

Car ce sont les lueurs qui t’montrèrent

Et les leurres des lumières qui t’arrachèrent

Qui parach’vèrent de mettre distance, ma chère

Ma chère silhouette lunaire, nous n’étions pas maîtres

Mais très vite j’sentis l’noir de notre anarchie

Mais avachie dans des jours à la va-vite…

Ça va vite, vers la fin qui déjoue

Alors de toi j’garde des joies

Et à mes joues, la sueur de nuits d’veille

La joie aussi, d’t’entendre parler poésie

D’t’entendre me parler dans ton sommeil

Et sous mes lueurs de souv’nirs, j’voyage

J’renais à la nuit, sans m’engluer dans l’erreur

Car à la nuit j’t’ai vue, plus à nue qu’en tout jour

J’t’ai vue nue, quand tu t’habillais d’inconscient

Et je n’table plus sur hier, ça brillait d’accord

Ça brille et ça brûle encore, telle est cette bulle de vie

Des lueurs qui dévient encore, comme la lune

Ma chère silhouette lunaire, que d’viendras-tu ?

Sous la lune r’viendras-tu, me voir ?

Ma chère si lointaine, là où j’erre à la nuit

Noir, en félin sans haine ni tristesse

En félin sans nord, l’inconscient pour seule justesse

Repensant à ton inconscience, ses mots d’tendresse

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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