Ici ou là - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Ici ou là

Je ne suis pas danseur

Mais je suis tes pas comme toi les miens

Dans ce rythme de l’eau

La toile est mienne, tienne

Danse au rythme de la transparence

D’une connaissance pas bien ancienne

Douceur est l’hymne, aux corps naissants

Naissance à l’eau, l’un à l’autre

D’où ce rythme saisissant, du clapot rafraîchissant

D’où ce rite épaississant la rencontre

 

A l’instant tu es arrivée. Robe noire, démarche lente dans les marches de sable. Robe noire, élan te rapprochant de moi. Démarche leste et moi j’émarge à tes lèvres. « Ah on fait comme ça ? ». Tu dis ! Le sourire au bout de ma bouche. N’était-ce pas ce que tu voulais, hier en se quittant dans tes rues ? Moi je le voulais, alors, dans un atermoiement j’ai rué à l’instant.

 

De sable et de sel, d’une huile industrielle

De la dune on fuit : l’eau nous appellerait

Je cible l’océan, ta silhouette en horizon

De la dune enfuis, à l’aune d’une danse

L’eau nous appelait, à petits pas nous balançons

Tu nages et je te suis

Le rivage nous rappellera

Mais là dans l’eau volage nous balançons

 

Et la scène se reproduira dans cette eau. Ici curative ou là régénérative : surtout lascive. Je t’enlace par instants, comme si l’eau nous mettait un voile de pudeur. Ferveur adolescente, Audierne nous regarde au Nord, une grande torche nous éclaire. Nous miroitons, balançons, je m’hydrate à ta peau, nous chancelons dans une hydrocution de désir. Nous chutons. Mais tout est inconséquence, jusqu’à la gravitation. Debout de nouveau, nous balançons. Et tout bas nous dansons.

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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