Ici ou là
Je ne suis pas danseur
Mais je suis tes pas comme toi les miens
Dans ce rythme de l’eau
La toile est mienne, tienne
Danse au rythme de la transparence
D’une connaissance pas bien ancienne
Douceur est l’hymne, aux corps naissants
Naissance à l’eau, l’un à l’autre
D’où ce rythme saisissant, du clapot rafraîchissant
D’où ce rite épaississant la rencontre
A l’instant tu es arrivée. Robe noire, démarche lente dans les marches de sable. Robe noire, élan te rapprochant de moi. Démarche leste et moi j’émarge à tes lèvres. « Ah on fait comme ça ? ». Tu dis ! Le sourire au bout de ma bouche. N’était-ce pas ce que tu voulais, hier en se quittant dans tes rues ? Moi je le voulais, alors, dans un atermoiement j’ai rué à l’instant.
De sable et de sel, d’une huile industrielle
De la dune on fuit : l’eau nous appellerait
Je cible l’océan, ta silhouette en horizon
De la dune enfuis, à l’aune d’une danse
L’eau nous appelait, à petits pas nous balançons
Tu nages et je te suis
Le rivage nous rappellera
Mais là dans l’eau volage nous balançons
Et la scène se reproduira dans cette eau. Ici curative ou là régénérative : surtout lascive. Je t’enlace par instants, comme si l’eau nous mettait un voile de pudeur. Ferveur adolescente, Audierne nous regarde au Nord, une grande torche nous éclaire. Nous miroitons, balançons, je m’hydrate à ta peau, nous chancelons dans une hydrocution de désir. Nous chutons. Mais tout est inconséquence, jusqu’à la gravitation. Debout de nouveau, nous balançons. Et tout bas nous dansons.
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle