Gémellité des mondes - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Gémellité des mondes

Une femme une fille, dans les bois

Et j’ai filé

J’avais l’émoi pourtant, l’étoile et sa fille

Et ça file si vite, à l’Ouest

Et dans les mois qui suivent, en filant

A la va-vite d’un soir d’hiver

Dans cette lave livide d’une plage d’hiver

Un savant crépuscule dessine

Un cliché que la magie n’aurait pas mieux produit

Une femme et sa fille, en embuscade

Le cliché varie d’une fine lettre au prénom

La pénombre va pour s’enticher de nous mais

Le sort me noue la gorge et dans les genoux

L’ombre d’une fillette du même âge

Et danse un crépuscule, et dans ce cycle qui débute

L’ombre d’un passé récent et rutilant

Il rugit en moi, il surgit à peine quelques mois…

Après, un même prénom : je suis la proie

Je suis la voie de ces images avant la nuit

Une femme aimante et sa fille

Sa fille aimantée à ses genoux

Et cette femme aimante encore un passé récent

De la plage vient une sœur, assez ressemblante

Une femme une fille un jour dans les bois

Cette femme-là avait une sœur

Un sang même plus que parallèle

Une femme sa fille, à jouer dans la nuit

Ce soir sur la plage, filiation des temps

Et avant la nuit, l’image m’interpelle

Une sœur jumelle, aussi

J’oscille, je tangue, la mer est calme pourtant

Le ciel tend au pourpre

Et pour un peu je crois comprendre

Qu’une femme sa fille, sa sœur font le sort

Des images jumelles, des bois à la plage

Des mois à peine, et la rage sans la peine

A pleines lueurs je bois ces parallèles

D’un prénom, d’un âge, d’une sœur qui appellent

Qui happent là les couleurs d’un crépuscule

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

2017-05-05 19.30.25
2017-12-25 10.51.49
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